15. Heure du festin, quand Pourim tombe un vendredi

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Quand Pourim tombe la veille de Chabbat, on a coutume, a priori, de commencer le festin avant le midi solaire, en raison de l’honneur dû au Chabbat. Si l’on n’a pas eu le temps de commencer le festin avant midi, on s’efforcera de commencer au moins trois heures solaires avant le coucher du soleil. A posteriori, on pourra commencer jusqu’au coucher du soleil. Quoi qu’il en soit, si l’on a commencé le festin peu de temps avant Chabbat, on s’efforcera de limiter sa consommation, afin de pouvoir manger avec appétit le repas du soir de Chabbat.

Il existe une autre coutume, consistant à joindre le festin de Pourim au repas du soir de Chabbat. Certains grands maîtres suivent cet usage, mais d’autres disent qu’il ne faut l’emprunter qu’a posteriori. Cet usage consiste à faire la prière de Min’ha avant le festin et à faire débuter celui-ci durant la journée de Pourim ; puis, une demi-heure environ avant le coucher du soleil, on accueille le Chabbat en allumant les veilleuses sabbatiques ; on recouvre le pain d’un couvre-pain, et l’on récite le Qidouch de Chabbat sur le vin. Puisque l’on a déjà récité la bénédiction du vin pendant le festin de Pourim, on omet, dans le Qidouch, la bénédiction Boré peri haguéfen. Après le Qidouch, on continue le repas, et l’on doit alors manger un kabeitsa de pain, ou, à tout le moins, un kazaït, au titre du repas de Chabbat. À l’issue du repas, on récitera, dans le Birkat hamazon, le passage spécifique au Chabbat, Retsé véha’halitsénou ; quant au passage de Pourim, ‘Al hanissim, on l’inclura dans la série des phrases commençant par Hara’haman, qui figurent à la fin du Birkat hamazon. Après le repas, on fera la prière d’Arvit[18].


[18]. Selon les responsa du Maharil 56, lorsque Pourim tombe un vendredi, on peut commencer le festin peu de temps après l’heure de Min’ha qetana (environ trois heures avant la fin de la journée). Selon le Rama 695, 2, on fera le festin le matin, et le Michna Beroura 10 écrit qu’on le fera a priori avant le midi solaire. A posteriori, on pourra le commencer tant que le soleil n’est pas couché (cf. Michna Beroura 529, 8).

La coutume consistant à « étendre un couvre-pain » (prissat hamapa) sur les pains de Chabbat, puis à faire le Qidouch au cours du festin commencé, a sa source dans le traité Pessa’him 100a, et est expliqué par le Choul’han ‘Aroukh 271, 4. Le Méïri adoptait cette coutume a priori, quand Pourim tombait un vendredi (Méïri sur Ketoubot 7a), et certains A’haronim ont pareille coutume : cf. Pisqé Techouvot 695, 6. Mais selon le Kaf Ha’haïm 271, 22, se fondant sur Rabbi Isaac Louria, on ne fait pas ainsi a priori, car le Qidouch doit se faire après la prière d’Arvit.

S’agissant du passage ‘Al hanissim, dans le cas où l’on fait cette jonction des deux repas en un seul : le Méïri et le Maguen Avraham 695, 9 estiment qu’on dira aussi bien Retsé que ‘Al hanissim à la place habituelle que prévoit le rituel. Pour le Michna Beroura 15, qui s’appuie sur le ‘Hayé Adam, on ne dira pas ‘Al hanissim. Nous écrivons ci-dessus qu’on l’intègrera à la série des phrases commençant par Hara’haman, car, à cet endroit, il est certain que cet ajout n’invalide pas la lecture des bénédictions précédentes.

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