05 – Pour les non-Juifs ; pour les animaux

Les mélakhot qui sont autorisées à Yom tov le sont pour les besoins de la mitsva de se réjouir pendant Yom tov. Par conséquent, il est permis de cuisiner pour des Juifs, puisque s’applique à eux la mitsva de se réjouir pendant Yom tov, mais non pour des non-Juifs, ni pour des animaux, à qui ne s’applique pas cette mitsva. Il est dit ainsi : « Toutefois, ce qui sera mangé par toute personne, cela seul sera fait pour vous » (Ex 12, 16), ce que nos sages commentent : « Pour vous, non pour des non-Juifs ; pour vous, non pour des animaux. » Par conséquent, disent les sages, il est permis d’inviter des non-Juifs à un repas de Chabbat, car il n’est pas à craindre que l’on cuisine pour eux, puisqu’on ne cuisine pas le Chabbat ; mais il est interdit d’inviter des non-Juifs à un repas de Yom tov, de crainte que l’on cuisine alors pour eux (Beitsa 21b)[3].

Si le non-Juif est venu chez le Juif sans y avoir été invité, et qu’il soit arrivé après que les convives ont terminé de préparer le repas, il sera permis de lui proposer de se joindre au repas, puisqu’il n’est plus à craindre que l’on cuisine davantage pour le non-Juif. Même si ce non-Juif est un personnage important, dans la mesure où il est venu sans invitation et que l’on a déjà terminé de préparer le repas, et tant que le Juif n’insiste pas pour qu’il s’y joigne, il n’est pas à craindre d’enfreindre la règle et de cuisiner pour le non-Juif davantage de nourriture (Choul’han ‘Aroukh 512, 1, Touré Zahav, Michna Beroura 10).

Un Juif chez qui habite un domestique non juif est autorisé à l’inviter à se joindre au repas de Yom tov. Avant de poser la marmite sur le feu, il lui sera permis d’y ajouter des parts pour le non-Juif. En effet, puisque celui-ci est son domestique, le Juif ne s’inquiète pas tellement de l’honorer, et il n’est pas à craindre qu’il enfreigne un interdit pour lui, tel que d’ajouter des parts à son intention après avoir placé la marmite sur le feu (Rama 512, 1, Michna Beroura 11).

Nos sages ont décrété que le Juif qui profane le Chabbat publiquement serait considéré comme un non-Juif, pour qui il est interdit de cuisiner le Yom tov (Michna Beroura 512, 2). Les décisionnaires contemporains nous enseignent que ce décret ne s’applique, de nos jours, qu’à celui qui profane le Chabbat publiquement afin de provoquer. Mais un simple non-pratiquant, qui n’observe pas le Chabbat, puisqu’il ne comprend pas convenablement l’importance fondamentale de ce jour, et qu’il n’a pas l’intention de provoquer autrui, est considéré comme un autre Juif qui enfreindrait des interdits. Il est donc permis de cuisiner pour lui le Yom tov (cf. Les Lois de Chabbat I 1, 15).

Il est interdit de cuisiner pour des animaux ; mais, comme nous l’avons vu au paragraphe précédent, celui qui cuisine pour lui-même est autorisé, avant de placer la casserole sur le feu, à y ajouter d’autres portions alimentaires pour les animaux qui sont sous sa responsabilité (Choul’han ‘Aroukh 512, 3). Les autres règles relatives à l’alimentation des animaux sauvages sont semblables à celles qui s’appliquent le Chabbat (Les Lois de Chabbat II 20, 3).


[3]. En pratique, tant qu’il y a une possibilité que viennent des visiteurs et qu’ils mangent de ce que l’on a cuisiné pour un non-Juif ou pour des animaux, on n’a point transgressé d’interdit toranique, en vertu du principe de hoïl (« puisque ») (puisque, si des visiteurs juifs arrivaient, ils mangeraient de ce plat pendant Yom tov, il n’y a pas de certitude que celui qui a cuisiné l’ait fait pour les non-Juifs ou pour les animaux). Telle est l’opinion de Maïmonide, Yom Tov 1, 15, du Rachba sur Beitsa 21b, du Ran sur le Rif et de Rabbi Aharon Halévi. Toutefois, le Méïri sur Pessa’him 46b et la Chita Méqoubétset estiment que, dès lors que l’on a cuisiné intentionnellement pour un non-Juif ou un animal, le principe de hoïl ne s’applique pas, et l’on a transgressé un interdit toranique.

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