15 – Voyages, excursions, divertissements

Il est permis de voyager, à ‘Hol hamo’ed, pour les besoins d’une excursion ou d’une promenade, car toute chose dont des Juifs ont l’habitude de profiter, et qui ne cause pas de dérangement, est considérée comme s’inscrivant dans les besoins de la fête, et il est permis de faire à cet effet un travail non spécialisé (mélékhet hédiot), par exemple de conduire une voiture. Mais il est interdit de voyager sans nécessité pour la fête ; par exemple, pour apprendre à conduire, ou pour aller examiner une chose en vue du travail professionnel qui suivra la fête.

Il est permis, pour les besoins de la fête, de voyager par autobus, ou encore par train ou par taxi, et de payer le voyage. Il est même permis aux chauffeurs juifs de travailler de manière rémunérée, en conduisant autobus ou trains à ‘Hol hamo’ed, car cela répond aux besoins du public. Quant aux chauffeurs de taxi, il est juste qu’ils cessent leur travail pendant la fête. Mais s’il y a une nécessité pour la collectivité à ce qu’ils continuent de travailler, il leur est permis de le faire à ‘Hol hamo’ed[9].

Si l’on a besoin de voyager pendant la fête, il est autorisé d’apporter à son véhicule des réparations légères, qu’une personne non spécialisée peut accomplir. Ainsi, jadis, quand on voyageait à cheval, les sages avaient permis de s’occuper du cheval d’une manière non professionnelle, c’est-à-dire de soigner ses sabots (Mo’ed Qatan 10a, Choul’han ‘Aroukh 536, 1). Par conséquent, il est permis, en cas de nécessité, de changer une roue ; de même, il est permis de réaliser une petite réparation, qui ne requiert pas d’instruments de travail particuliers, ni la spécialisation d’un professionnel. Mais une réparation professionnelle n’est permise que pour éviter une perte (davar ha-aved) (comme on le verra ci-après, chap. 12 § 2).

Il est permis de laver le pare-brise d’une voiture ; mais il est interdit de laver la voiture elle-même, car quiconque fait, à ‘Hol hamo’ed, un travail d’entretien qu’il est d’usage de faire une fois par tant de semaines, déconsidère la fête. En revanche, si, à la suite d’une excursion à ‘Hol hamo’ed, la voiture s’est beaucoup salie, au point qu’on aurait honte d’y voyager, il sera permis de la laver pour les besoins des prochains voyages que l’on fera pendant la fête.

Il semble que, en autorisant les excursions à ‘Hol hamo’ed, les sages visaient uniquement des excursions courtes, qui ne fatiguent ni n’importunent, mais qui s’associent au propos général de ‘Hol hamo’ed : se reposer de son travail et se réjouir, par des repas festifs et par l’étude de la Torah. Nous l’avons vu (ci-dessus, chap. 1 § 6 et chap. 10 § 6), il faut consacrer environ la moitié de la journée à l’étude de la Torah ; dès lors, le temps affecté aux excursions et promenades fait partie de l’autre moitié, laquelle comprend également les repas. Toutefois, il semble que, pour se rendre à Jérusalem, cité sainte, ville du Temple, il soit permis d’entreprendre un long voyage.


[9]. Certes, nous avons pour principe qu’il est permis de demander à son prochain, à condition qu’il le fasse gratuitement, d’accomplir un travail s’inscrivant dans les nécessités de la fête. Mais quand il s’agit des besoins d’une collectivité à l’occasion de la fête, et que telle chose nécessaire ne peut s’accomplir sans paiement, il est permis de payer ; car il n’est pas concevable que le conducteur accepte de quitter sa famille afin de convoyer des gens, leur assurant l’aller et le retour, cela gratuitement (Ritva, Béour Halakha 541, 5 ד »ה אלא, 542, 1 ד »ה אפילו ; cf. ci-après, chap. 12 § 8). Concernant les chauffeurs de taxi qui ont de quoi se nourrir, cf. Har’havot.

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