08 – Travaux domestiques nécessaires à la fête : autorisation de l’acte non spécialisé

Il est permis de laver le sol avec une serpillère. Mais il est interdit de faire du sol un entretien particulier et de le faire briller à la monobrosse, car c’est là un travail spécialisé (mélékhet oman). De même, il est interdit d’exécuter, à la maison, un nettoyage spécial, que l’on a l’usage de faire une fois en plusieurs semaines, tel que le nettoyage des fenêtres ; en effet, accomplir pendant la fête un ouvrage d’entretien qu’il n’est d’usage d’exécuter qu’une fois par tant de semaines, c’est paraître planifier son travail de manière à l’accomplir pendant la fête, et mépriser celle-ci (Choul’han ‘Aroukh 540, 2, Chemirat Chabbat Kehilkhata 66, 47). De même, il est permis de nettoyer des tapis et d’en aspirer la poussière à l’aide d’un aspirateur domestique ; mais il est interdit de les nettoyer à fond ou de les secouer à l’extérieur, comme on le fait avec une moindre fréquence.

Si des meubles se sont cassés, il est permis de faire, par un travail non spécialisé, une réparation temporaire qui ne requiert pas un grand effort ; par exemple, de recoller à sa place le pied d’une chaise. Mais il est interdit de faire cela de manière professionnelle.

Il faut insister sur le fait que toute la permission qui est donnée de nettoyer la maison et les tapis, et de réparer des meubles de manière simple, vaut à la condition que ce travail réponde aux besoins de la fête. Mais lorsqu’on n’a pas l’intention d’utiliser plus longtemps sa maison à ‘Hol hamo’ed, il est interdit de peiner à sa préparation et à son nettoyage pour les besoins des jours qui suivent la fête (Choul’han ‘Aroukh et Rama 541, 4-5, Michna Beroura 12).

S’il s’est collé au sol un morceau de ciment, qui gêne la marche ou enlaidit la maison, il est permis de l’enlever à la main ou à l’aide d’un ustensile, de façon non professionnelle, même si cela requiert un effort (cf. ci-dessus, § 2).

Il est permis d’arroser, par un récipient ou un tuyau, des plantes que l’on a l’habitude d’arroser tous les tant de jours, qu’il s’agisse de plantes en pot ou de plantes de jardin ; cela, à la condition que l’arrosage soit destiné à ajouter de l’agrément visuel à la maison ou au jardin pendant la fête. De même, il est permis de cueillir des fleurs ou des branches afin d’en décorer la maison à ‘Hol hamo’ed. L’arrosage et la cueillette de fleurs sont en effet un travail non spécialisé (mélékhet hédiot) (Chemirat Chabbat Kehilkhata 66, 57). Quand un dommage risque d’être causé aux plantes, il est permis de les arroser, même quand il n’y a pas à cela de nécessité pour la fête, conformément à la règle de mélékhet davar ha-aved (travail destiné à éviter une perte, cf. ci-après, chap. 12 § 2).

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