10 – Pour les besoins d’une mitsva, une mélékhet hédiot est permise

Pour les besoins de l’accomplissement d’une mitsva qui se présente pendant la fête, qu’elle se rapporte à un particulier ou à une collectivité, il est permis d’accomplir un travail simple (mélékhet hédiot), puisque les besoins relatifs à une mitsva sont comme les autres nécessités de la fête, pour lesquelles il est permis d’accomplir une mélakha non spécialisée, mais non une mélakha requérant une spécialité (mélékhet oman) (Rama 544, 1, Michna Beroura 8). Ce n’est en effet que pour une chose répondant à un besoin corporel (tsorekh hagouf) éprouvé pendant la fête, tel que la préparation d’aliments ou la réparation d’un réseau d’eau, que l’exécution d’une mélékhet oman a été autorisée (cf. ci-dessus, chap. 11 § 3-5).

Par conséquent, il est interdit d’écrire un rouleau de la Torah (séfer-Torah) pendant la fête, ne serait-ce qu’une seule lettre, puisqu’il s’agit d’un travail spécialisé, et que les travaux spécialisés ne sont autorisés à ‘Hol hamo’ed que pour répondre aux besoins corporels (Choul’han ‘Aroukh 545, 1). Mais si un séfer-Torah requiert une réparation nécessitant un acte non spécialisé, il est permis de le réparer à ‘Hol hamo’ed, même si l’on n’a pas besoin d’y lire pendant la fête. En effet, il est permis d’accomplir un travail simple pour les nécessités d’une mitsva, même s’il n’y a pas là de nécessité pour la fête elle-même. Si donc on trouve une lettre de trop dans un séfer-Torah, il sera permis de l’effacer. Et si l’on y trouve des lettres collées l’une à l’autre, on pourra les séparer. De même, si l’encre de certaines lettres s’est effritée, il sera permis de repasser dessus à l’encre (Cha’aré Techouva 1, au nom du Panim Méïrot 1, 66 ; Michna Beroura 2 ; ‘Aroukh Hachoul’han 1).

Si l’on étudie la Torah, et que l’on sache que, en résumant le propos, on parviendra à se mieux concentrer, il sera permis de résumer son étude par écrit – en traçant des caractères simples, ou en écrivant sur ordinateur – puisque cette écriture répond aux besoins d’une mitsva (Choul’han ‘Aroukh 545, 9 ; cf. ci-dessus, chap. 11 § 13).

Si l’on veut accomplir la mitsva d’introduire un nouveau rouleau de la Torah à la synagogue (hakhnassat séfer-Torah) pendant la fête, il sera interdit de laisser pour ‘Hol hamo’ed l’écriture des dernières lettres[b], puisque cette écriture est spécialisée. Mais il est permis de laisser des lettres dont le contour a été tracé, et où tout ce qu’il reste à faire est de remplir d’encre l’intérieur, puisqu’il s’agit là d’une mélakha simple, qui est autorisée pour les nécessités d’une mitsva (‘Aroukh Hachoul’han 545, 5 ; Sdé ‘Hémed IX Ma’arékhet ‘Hol hamo’ed 72 ; Kaf Ha’haïm 6).

Si, à Isrou ‘hag (lendemain du dernier Yom tov), on doit donner un repas à l’occasion d’une circoncision, et que l’on ne puisse préparer alors le repas, on sera autorisé à le préparer à ‘Hol hamo’ed : bien que, en principe, on ne prépare pas à ‘Hol hamo’ed de nourriture pour les jours profanes, c’est ici permis, puisque cela répond aux nécessités d’une mitsva et que le travail à accomplir est simple (Chemirat Chabbat Kehilkhata 67, 44).


[b]. Comme c’est parfois l’usage en dehors des fêtes.

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