02 – Avancer de trois pas avant de prier

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Nous avons coutume d’avancer de trois pas avant de réciter la ‘Amida, afin d’exprimer notre volonté de nous rapprocher de Dieu et de nous tenir devant Lui (Rama 95, 1). Celui qui se tient déjà à l’endroit prévu pour dire la ‘Amida n’a pas besoin, à l’approche de celle-ci, de faire trois pas en arrière pour revenir en avant. Du reste, par le fait même de venir à la synagogue, on se rapproche déjà de la prière, et l’on parcourt à cette fin plus de trois pas (Elya Rabba). D’autres disent que, même si l’on s’est déjà rendu à son lieu de prière, il est souhaitable, à l’approche de la ‘Amida, de revenir en arrière et de parcourir de nouveau trois pas en avant, pour gagner l’endroit où l’on prononce la ‘Amida (Ben Ich ‘Haï, Bechala’h 3 ; Kaf Ha’haïm 95, 7). Le mieux à faire est de marquer une petite interruption entre les pas en arrière et les pas en avant, afin de ne pas paraître aller et venir. Aussi, lorsqu’on arrive au passage Tehilot la-E.l E-lion (« Louanges au Dieu suprême »), on fait trois pas en arrière, puis, quand on s’apprête à conclure la bénédiction Gaal Israël (« qui délivras Israël »), on fait trois pas en avant. De même, aux offices de Min’ha et d’Arvit, dès le début du Qaddich qui précède la ‘Amida, on fera trois pas en arrière, puis, juste avant de commencer la ‘Amida, on avancera de trois pas (coutume du Maharil, Michna Beroura 95, 3).

Afin de ne pas marquer d’interruption entre la mention de la Délivrance et la ‘Amida, on a soin de faire ses trois pas en avant alors que l’on n’a pas encore terminé de dire la bénédiction Gaal Israël, afin qu’immédiatement après la conclusion de celle-ci, on se tienne déjà au lieu de sa prière et que l’on commence à dire Ado-naï, sefataï tifta’h (« Eternel, ouvre mes lèvres »), verset par lequel débute la ‘Amida[1].

Avant la ‘Amida, le fidèle doit éloigner de son esprit toutes les choses susceptibles de perturber sa concentration. Si l’on est enrhumé, on se mouchera avant la ‘Amida, afin de ne pas avoir à se moucher au cours de celle-ci. Si l’on a une mucosité dans la gorge, susceptible d’être gênante, on l’expulsera avant de prier, afin qu’elle ne nous perturbe pas (Choul’han ‘Aroukh 92, 3 ; cf. chap. 6). Si l’on a besoin de se moucher au cours de la ‘Amida, on le fera de la façon la plus discrète. Celui qui est contraint de bâiller durant la ‘Amida posera la main sur sa bouche. Car celui qui se tient en prière doit être très attentif à l’honneur du Ciel, et tout ce qui est considéré comme impoli en présence de son prochain est interdit au moment de la ‘Amida (cf. Choul’han ‘Aroukh 97, 1-2).


[1]. L’officiant débute, lui aussi, sa répétition par ce verset ; selon l’usage séfarade, il le dit à haute voix, et selon l’usage ashkénaze, à voix basse (Michna Beroura 111, 10 ; Kaf Ha’haïm 10).

Aux offices de Min’ha et de Moussaf,  les officiants ashkénazes ont l’usage de dire, avant la répétition, le passage Ki chem Hachem eqra… (« Quand j’invoque le nom de l’Eternel… »). Mais si l’officiant oublie ce passage et commence à dire les premiers mots de la ‘Amida, Hachem, sefataï tifta’h (« Mon Dieu, ouvre mes lèvres… »), il ne doit pas se reprendre et dire Ki chem Hachem eqra. En effet, par le verset Hachem, sefataï tifta’h, l’officiant a déjà commencé la répétition de la ‘Amida. C’est ce qu’écrit Iché Israël 62. Selon le Béour Halakha 111, 2 (חוזר), si l’on a dit la ‘Amida sans l’introduire par le verset Hachem sefataï tifta’h, on est quitte, car cela ne constitue pas un manque affectant l’essentiel de la prière. (Toutefois, selon le Igrot Moché, il faut répéter la ‘Amida). Le Yalqout Yossef p.278 conforte les propos du Michna Beroura en se fondant sur Echkol et Ohel Moëd. Et telle est la halakha.

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