05 – Position du corps et des mains

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Le fidèle en prière doit incliner quelque peu la tête, de manière que ses yeux regardent vers le bas en signe de modestie ; il doit imaginer qu’il se trouve au Temple, et orienter son cœur en haut vers le Ciel (Yevamot 105b ; Choul’han ‘Aroukh 95, 2).

Les kabbalistes font l’éloge de celui qui prie les yeux fermés. Cependant, celui qui lit dans son rituel (sidour) se conduit lui aussi selon la règle fixée a priori. De nombreux A’haronim conseillent de prier en suivant le texte dans son sidour, car de cette façon, on peut se concentrer davantage dans sa prière (Michna Beroura 95, 5 ; Kaf Ha’haïm 9-10 ; cf. Béour Halakha au sujet du Maamar Mordekhaï).

En ce qui concerne les mains, Maïmonide écrit que l’on doit poser les mains sur son cœur, serrées l’une sur l’autre, la droite sur la gauche. De cette façon, on se tient comme un élève devant son maître, avec crainte et révérence (Hilkhot Téphila 5, 4). C’est aussi ce qu’écrit le Choul’han ‘Aroukh (95, 3) et ce qu’expliquent les Kavanot de Rabbi Isaac Louria (Kaf Ha’haïm 95, 12). Mais de nombreux décisionnaires pensent que tout dépend de la coutume locale : dans la ville où vivait Maïmonide, on avait en effet l’usage de se tenir devant les  monarques et les ministres de la façon ci-dessus décrite ; mais dans d’autres lieux, la coutume était différente. Par exemple, dans les pays d’Europe, on avait l’usage de se tenir mains jointes, et dans les pays ismaélites, on se tenait mains derrière le dos, comme pour exprimer son absence de mains – de pouvoir – en dehors de la permission octroyée par son vis-à-vis (Mahari Abouhav, cité par le Beit Yossef ; Michna Beroura 95, 6). D’après cela, de nos jours, en plus de la manière décrite par Maïmonide, on peut se tenir bras le long du corps, ou mains posées sur son pupitre de prière (stander), tenant le sidour, car ces différentes situations sont, elles aussi, considérées comme des manières honorables de se tenir. En revanche, il ne faut pas mettre les mains dans les poches, ou sur les hanches, car il ne convient pas de se tenir ainsi devant des personnalités dignes d’égards.

Nombreux sont ceux qui ont l’habitude de se balancer durant la ‘Amida ; le Rama écrit (Ora’h ‘Haïm 48, cf. Michna Beroura 95, 7) qu’il convient de se conduire ainsi a priori, afin d’exprimer l’émotion et le frémissement qui doit saisir le fidèle en prière, et afin d’associer le corps au service de la prière, conformément au verset : « Tous mes os diront : “Eternel, qui est comme toi ?” » (Ps 35, 10). Face à cela, le Chla écrit qu’il ne faut pas se balancer durant la prière, et qu’au contraire, c’est précisément le fait de se tenir debout sans mouvement qui amplifie la kavana. De plus, ce n’est pas une marque de respect que de se balancer, et si un homme se présentait devant un roi de chair et de sang et commençait à se balancer de tout son corps, le roi le chasserait immédiatement de devant lui ; par conséquent, dit-il, il est évident qu’il ne faut pas se conduire ainsi durant la prière. Dans cette perspective, lorsque certains des sages disent qu’il est bon de se balancer, ils ne parlent que de moments où l’on étudie la Torah, ou de moments où l’on dit des cantiques et des louanges ; en revanche, pour la ‘Amida, durant laquelle on se tient devant le Roi, prière profonde et intérieure, il ne convient pas du tout de se balancer : seules les lèvres remuent (Chla, traité Tamid, Ner Mitsva). Dans la mesure où chaque coutume peut s’appuyer sur une source valable, chacun se conduira de la façon qui contribuera le plus à sa kavana. En particulier, pour celui qui s’est habitué à se balancer suivant l’usage répandu, il sera difficile de se concentrer sans balancement (Maguen Avraham, Michna Beroura 48, 5 ; voir Kaf Ha’haïm 48, 7-9).

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