04 – Se tenir debout, pieds joints

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Durant les Pessouqé dezimra et les bénédictions du Chéma, on peut être assis ou debout. Mais dès que l’on arrive à la ‘Amida, on doit se tenir debout et pieds joints. En se tenant debout, l’homme manifeste sa disponibilité totale, de la tête aux pieds, à l’approche de la prière. De plus, le fait d’être debout est une expression de révérence et de crainte à l’égard du Roi de l’univers. Aussi, il ne faut s’appuyer sur aucun support durant la ‘Amida, car celui qui appuie un tant soi peu sa personne ne se tient pas d’une façon empreinte de crainte. En cas de contrainte, par exemple si l’on est faible et obligé de s’appuyer, on s’efforcera de ne s’appuyer que légèrement, de sorte que, si l’appui était ôté subitement, on resterait debout par l’effet de ses propres forces. Par cela, et bien que cette façon ne soit pas empreinte de crainte, on est néanmoins considéré comme priant debout (Choul’han ‘Aroukh 94, 8 ; Michna Beroura 22).

On joint les jambes de manière qu’elles paraissent former une jambe unique. La raison en est que l’écartement des jambes reflète le côté matériel de l’homme ; il représente également la course, à la poursuite des affaires de ce monde. Aussi, les prêtres, lorsqu’ils montaient à l’autel, marchaient de façon à accoler le talon du pied droit au gros orteil gauche, et inversement ; de la même façon, pendant la ‘Amida, nous nous abstenons d’écarter les jambes. De plus, la jonction des jambes représente le rassemblement des forces réalisatrices présentes en nos jambes, pour mettre ces forces au service exclusif de Dieu, et manifester que nous n’avons qu’une volonté, celle de nous tenir en prière devant Lui. Nos sages ont déduit cela de l’exemple des anges, au sujet desquels il est dit : « Leurs jambes sont une jambe rectiligne » (Ez 1, 7), c’est-à-dire que leurs jambes sont accolées l’une à l’autre, au point qu’elles semblent constituer une seule et même jambe (Berakhot 10b ; Talmud de Jérusalem I, 1 ; voir Maharal, Netiv Haavoda 6).

Il faut joindre les pieds l’un à l’autre dans toute leur longueur, afin qu’ils paraissent être autant que possible un seul et même pied, et non comme ceux qui ne joignent que leurs talons (Choul’han ‘Aroukh 95, 1, élèves de Rabbénou Yona). A posteriori, si l’on a prié jambes disjointes, on est quitte (Michna Beroura 1, Kaf Ha’haïm 2).

Un malade qui ne peut se tenir debout priera assis. Si même s’asseoir lui est impossible, il priera couché. Selon plusieurs décisionnaires, si, avant l’expiration de l’heure de récitation de la ‘Amida que l’on n’a pu dire debout, on recouvre ses forces et l’on peut se lever, on devra répéter sa ‘Amida, car la mitsva de réciter la ‘Amida se réalise essentiellement debout (Choul’han ‘Aroukh 94, 9). Toutefois, les A’haronim s’accordent à dire en pratique que, si l’on a prié assis ou couché, on est quitte a posteriori, et que, même si l’on peut se relever après cela, on n’a pas besoin de répéter sa ‘Amida (Michna Beroura 94, 27, Kaf Ha’haïm 34).

Celui-là même qui est contraint de prier assis ou couché, doit s’efforcer de joindre les pieds et de fléchir le corps aux moments de prosternation. Si l’on est assis sur un fauteuil roulant, on reculera quelque peu son fauteuil à la fin de sa ‘Amida, dans la mesure des trois pas par lesquels on achève sa prière (voir plus loin, paragraphe 16).

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