04 – Psaume du jour (Chir chel yom)

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Puisque l’office de Cha’harit a été institué en référence au sacrifice journalier, et qu’après l’oblation du sacrifice, les lévites chantaient le cantique du jour, on a pris l’usage de réciter ce cantique à la fin de la prière (Sofrim 18, 1). Toutefois, à l’origine, nos sages n’ont pas fait de cet usage une obligation, et l’on trouvait certaines communautés qui n’avaient pas coutume de lire le psaume du jour. À la fin de la période des Richonim, tout le monde avait déjà pris l’usage de le lire[4].

Avant de réciter le psaume, on mentionne le jour : « Aujourd’hui, premier jour à compter du Chabbat », cela, afin d’accomplir la mitsva de se souvenir du jour de Chabbat tous les jours de la semaine (d’après Na’hmanide sur Ex 20, 8, et Rabbi Isaac Louria, tel que le cite le Kaf Ha’haïm 132, 26).

Dans le rituel séfarade, on ajoute, avant le psaume du jour, le cantique Téphila lé-David (Ps 86), puis un groupe de versets commençant par les mots Beit Yaaqov, ainsi que le psaume 124, Chir hamaalot lé-David (Cantique des degrés, de David). Les jours de réjouissance, de même que l’on ne récite pas le psaume 20, Lamnatséa’h (« Au chef des chantres, cantique de David. L’Eternel te répondra au jour de détresse »), qui se trouve après Achré/Tehila lé-David (Ps 145), on ne récite pas non plus Téphila lé-David (Ps 86). En effet, il y est dit : « Au jour de ma détresse, je T’appelle » (Pisqé Techouva 132, 11). Dans les livres de prière de la tradition sfard-‘hassidique, ces passages sont également imprimés, mais nombreux sont ceux qui en omettent la lecture et ne lisent que le psaume du jour, comme le veut la coutume ashkénaze.

Autre différence entre les rituels : selon la coutume ashkénaze, on dit d’abord ‘Alénou léchabéa’h, puis le psaume du jour, et ensuite seulement les paragraphes de l’encens (Qetoret). Tandis que, suivant l’usage séfarade et sfard, on dit d’abord le psaume du jour, puis les paragraphes de l’encens, et enfin ‘Alénou léchabéa’h (nous présenterons ici les règles relatives à ces différents textes suivant l’ordre séfarade et sfard).

Si l’on a pour coutume de suivre tel rituel et que l’on prie au sein d’un minyan dans lequel l’officiant en observe un autre, il vaut mieux, de l’avis de certains décisionnaires, prier suivant le rituel de l’officiant. D’autres décisionnaires pensent qu’il vaut mieux prier selon le rituel de ses pères, à condition de ne pas être assis lorsque toute l’assemblée est debout, pendant ‘Alénou léchabéa’h ; cela, afin de ne pas mettre en relief les différences de rite (voir plus haut, chap. 6 § 5).


[4]. Dans le sidour de Rav Amram Gaon, il est dit que l’on récite le psaume du jour après les paragraphes de l’encens (Pitoum haqetoret). Dans la version de l’office selon Maïmonide, à la fin de Michné Torah, Ahava, l’auteur écrit : « Une partie du peuple a l’usage de lire… » Bien qu’au Temple, on récitât le psaume du jour également après le sacrifice journalier de l’après-midi, nous n’avons pas l’usage de le dire à Min’ha. Le Michna Beroura 132, 16 en explique la raison : même à l’époque du Temple, si l’on tardait à apporter les libations en les repoussant à la nuit, on ne récitait pas alors le psaume, car on ne récite pas de chira (cantique) la nuit.

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