10. Compte de l’Omer

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Les femmes sont dispensées de la mitsva de compter l’Omer[d], car il s’agit d’une mitsva positive conditionnée par le temps. Toutefois, si elles souhaitent accomplir la mitsva, elles en retirent un mérite. En ce cas, comme nous l’avons vu (chap. 2 § 8), les usages diffèrent en matière de bénédiction : les femmes séfarades ne réciteront pas la bénédiction, les femmes ashkénazes seront autorisées à la réciter.

Néanmoins, parmi les tenants de la coutume ashkénaze eux-mêmes, certains craignent que, dans la mesure où la femme ne se trouve pas à la synagogue au moment du compte de l’Omer, il y ait un sérieux risque qu’elle n’oublie de compter quelque jour ; or il se pourrait qu’elle n’y prête point attention, et qu’elle continue de compter les jours suivants, en prononçant toujours la bénédiction. Or, selon la halakha, si l’on a oublié de compter un jour, on ne peut plus réciter la bénédiction les jours suivants. Et si on la récitait, de l’avis de nombreux auteurs, la bénédiction serait vaine[e] ; aussi, afin de ne pas entrer dans un tel cas de doute, certains soutiennent que, même selon la coutume ashkénaze, il est préférable de ne pas réciter la bénédiction de cette mitsva (Michna Beroura 489, 5). D’autres disent que, d’après la Kabbale, les femmes ne doivent pas compter l’Omer (Rav Pe’alim I, Sod Yécharim §12). En revanche, d’autres signalent que la coutume ashkénaze veut que les femmes comptent (Maguen Avraham 489, 1).

Par conséquent, si une femme se sait capable en son for intérieur de compter chaque jour, et, en cas d’oubli, de s’en apercevoir et de continuer le compte sans bénédiction, elle est autorisée, suivant la coutume ashkénaze, à compter en récitant la bénédiction. En particulier, si elle a l’usage de réciter chaque soir la prière d’Arvit, ou si les gens de sa famille ont l’habitude de lui rappeler de compter l’Omer, la crainte d’un oubli est moindre. Mais s’il est raisonnablement à craindre que l’on oubliera de compter l’un des jours, il sera préférable de compter sans bénédiction.


[d]. Pendant les sept semaines qui séparent le deuxième soir de Pessa’h de la fête de Chavou’ot, on compte les jours. Cette mitsva se nomme Omer (« gerbe »), du nom de l’offrande d’orge nouveau que l’on apportait au Temple le deuxième jour de Pessa’h. Ce compte est assorti d’une bénédiction.

[e]. La bénédiction vaine (berakha lévatala) est une bénédiction dite quand il n’est pas prescrit de la dire. C’est un interdit sévère, que le Talmud rattache au troisième des Dix Commandements : « Tu n’invoqueras pas le nom de l’Eternel ton Dieu en vain » (Ex 20, 7).

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