01. Néoménie (Roch ‘hodech) et bénédiction de la nouvelle lune

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C’est une mitsva que de faire un repas abondant les jours de néoménie (Roch ‘hodech) (Choul’han ‘Aroukh 419, 1). Il est permis, à Roch ‘hodech, d’accomplir tous types de travaux. Les femmes ont toutefois pris l’usage de diminuer le rythme de leurs travaux, et c’est un bon usage, car Roch ‘hodech est, pour les femmes, une manière de petite fête (qetsat yom tov). Les femmes ont droit, plus que les hommes à cette forme de festivité, parce qu’elles n’ont pas pris part à la faute du veau d’or (Choul’han ‘Aroukh 417, 1, Michna Beroura 3 ; cette règle sera expliquée plus largement dans le volume de Pniné Halakha consacré aux fêtes).

Les femmes sont dispensées de la bénédiction de la nouvelle lune (Birkat halevana), puisque celle-ci est dépendante du temps. Certes, d’après la coutume ashkénaze, les femmes sont autorisées à réciter les bénédictions dépendantes du temps ; mais la coutume généralement répandue est qu’elles ne récitent pas la bénédiction de la nouvelle lune (Michna Beroura 426, 1)[1].


[1]. Cette bénédiction dépend de l’évolution de la lune : suivant la coutume ashkénaze [et des Séfarades d’Afrique du nord], elle se dit du troisième jour du mois au milieu du mois ; d’après la coutume séfarade [d’Orient, ainsi que d’après la coutume ‘hassidique], elle se récite du septième jour au milieu du mois ; par conséquent, les femmes en sont dispensées, comme l’écrivent le Maguen Avraham et le Michna Beroura 426, 1.

Le ‘Hokhmat Chelomo objecte que cette bénédiction ne dépend pas du temps, mais bien de la forme de la lune car, à l’époque du Temple, on ne pouvait témoigner du renouvellement de la lune que lorsque celle-ci recommençait à croître, à la manière de ces fruits saisonniers, qui se renouvellent d’année en année sur l’arbre, et sur lesquels on récite, quand vient la récolte nouvelle, la bénédiction Chéhé’héyanou (« Béni sois-Tu… qui nous as fait vivre, nous as maintenus et nous as fait parvenir à cette époque »). Toutefois, on peut distinguer entre la bénédiction Chéhé’héyanou, qui porte sur le renouvellement des fruits, et qui ne dépend pas d’un temps particulier mais de l’état des fruits eux-mêmes, et la bénédiction de la nouvelle lune, qui est entièrement dépendante du temps, car l’ensemble du calendrier est fixé d’après la lune. Cf. Halikhot Beitah 16, 10 et notes. La coutume veut donc que les femmes ne récitent pas cette bénédiction.

Le Michna Beroura cite le Chné Lou’hot Habrit, Cha’ar haotiot 100, qui écrit que les femmes s’abstiennent de réciter cette bénédiction parce que, selon le Midrach, la réduction de la taille de la lune par rapport à celle du soleil fut causée par la faute de la première femme, qui amorça celle du premier homme ; si bien que, par honte, les femmes s’abstiennent de réciter la bénédiction sur le renouvellement de la lune. Bien que, plus tard, elles aient réparé ce tort en ne participant pas à la faute du veau d’or – et c’est bien pourquoi la néoménie a été donnée, particulièrement, aux femmes, lesquelles marquent ce jour plus que les hommes –, c’est par la femme, semble-t-il, que le penchant au mal se manifesta d’abord dans le monde, penchant au mal que les hommes renforcèrent ensuite lors de la faute du veau d’or, et dont nous ne sommes pas encore purifiés ; si bien que la lune est parfois défective, parfois pleine. Toutefois, le Méïri écrit, se fondant sur la Guémara Sanhédrin 42a, que les femmes doivent réciter cette bénédiction et que, dans la mesure où elles n’en connaîtraient pas la version intégrale, elles pourraient s’en acquitter par une version abrégée. Cf. ‘Aroukh Hachoul’han 426, 14. Cf. ‘Aroukh Hachoul’han 426, 14. Selon le Kaf Ha’haïm 426, 1, il est bon qu’elles entendent la bénédiction récitée par un homme.

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