03. Lieu de l’allumage pour ceux qui habitent un étage

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Dans leur majorité, les gens habitent de nos jours dans des immeubles à étages. En ce cas, l’endroit le plus indiqué pour faire l’allumage des veilleuses de ‘Hanouka est la fenêtre donnant sur la rue, ou le balcon donnant sur la rue. C’est de cette façon que le miracle est le mieux publié. Ceux qui allument à la fenêtre doivent veiller à ce qu’aussi bien les membres de la famille, à l’intérieur de l’appartement, que les passants dans la rue puissent voir les veilleuses. Par conséquent, il ne faut pas utiliser une ‘hanoukia ayant un dos (un côté arrière) faisant écran aux veilleuses, car alors ce dos cacherait les veilleuses par un côté[4].

Même quand la fenêtre donnant sur la rue est haute de plus de dix téfa’him (environ 76 cm), on allumera à la fenêtre. En effet, il importe davantage de publier le miracle auprès des passants que d’être pointilleux quant au fait de placer la ‘hanoukia à une hauteur inférieure à dix téfa’him[5].

Certains pensent, il est vrai, qu’il est préférable d’allumer à celle des portes de son appartement qui donne vers l’escalier, car alors celui qui entrera dans l’appartement sera entouré de mitsvot : la mézouza à droite, les veilleuses de ‘Hanouka à gauche. Bien que l’on s’acquitte évidemment de la mitsva par cette méthode, il est meilleur d’allumer à la fenêtre donnant sur la rue, afin de contribuer à la publication du miracle[6].

Même lorsque l’appartement se trouve à un étage élevé, et que la fenêtre s’élève au-delà de vingt amot par rapport à la rue (environ neuf mètres), il semble néanmoins préférables d’allumer les veilleuses à la fenêtre, afin de publier le miracle, du moment que les passants peuvent apercevoir les veilleuses à travers la fenêtre. Quoi qu’il en soit, si on le veut, on pourra allumer à l’entrée de son appartement donnant sur l’escalier ; en effet, il y a là aussi une certaine publication du miracle. Et même si l’on allume à l’intérieur de l’appartement et pour sa seule famille, on sera quitte de son obligation[7].


[4]. Si l’on n’a d’autre ‘hanoukia qu’avec dos faisant écran aux veilleuses par un côté, on la placera perpendiculairement à la fenêtre. De cette façon on pourra la voir, par un côté, de la maison, et par l’autre de la rue.

[5]. Le Choul’han ‘Aroukh 671, 6 décide que la ‘hanoukia se place à moins de dix téfa’him. Cependant, le même auteur, dans le Beit Yossef, indique que, selon le Rif et Maïmonide, cela n’est pas une obligation, tandis que, selon Rabbénou ‘Hananel, le Roch, le Ran et la majorité des Richonim, la Guémara Chabbat 21b conclut qu’il y a là une obligation. Quoi qu’il en soit, il est clair que, a posteriori, même si l’allumage est fait à une hauteur supérieure à celle-là, on est quitte. Selon le Maguen Avraham 671, 5, si la fenêtre se trouve à une hauteur supérieure à dix téfa’him, on y fera néanmoins l’allumage. Le Cha’ar Hatsioun 671, 30 écrit ainsi que le fait de publier le miracle auprès des passants, dans le domaine public, bénéficie d’une source majeure dans la Guémara, puisque nos sages ont prescrit d’allumer « avant que le pied ne disparaisse du marché » ; et c’est bien pour cela qu’ils ont prescrit de placer les veilleuses à la porte de la maison, à l’extérieur.

[6]. Les ouvrages contemporains s’étendent sur la question de savoir où il est le plus souhaitable de procéder à l’allumage quand on habite un immeuble à étages. On trouve trois opinions principales en la matière, que nous mentionnerons brièvement. a) À l’entrée de l’immeuble, comme en ont l’usage certains des décisionnaires de notre temps. D’autres estiment que l’on ne s’acquitte point ainsi de son obligation, car un tel lieu a le statut d’entrée d’un chemin public (mavoï), et non de porte d’une cour privée (‘hatser) (d’après ‘Hazon Ich). De plus, si l’on suit la position de Rachi, même si l’on considérait ce lieu comme la porte d’une cour, il se peut que l’on ne soit pas quitte en un tel emplacement (cf. ci-dessus, note 2). b) À la porte de l’appartement donnant vers l’escalier, à l’extérieur, de façon que les passants qui montent ou descendent l’escalier voient les veilleuses. Certains ont coutume d’allumer à l’intérieur, du côté gauche de la porte en entrant, comme on en avait l’usage durant de nombreuses générations, ainsi qu’on l’a vu en note 1. De cette façon, on sera entouré de mitsvot. c) Selon certains, il est préférable d’allumer à la fenêtre, de manière que le miracle soit davantage rendu public ; cela est conforme à la lecture première des propos des sages : « Si l’on habite en hauteur (c’est-à-dire à l’étage), on place la veilleuse à la fenêtre proche du domaine public » (Chabbat 21b).

En pratique, on ne fait pas l’allumage suivant la première méthode, car, selon certains auteurs, on ne s’acquitterait pas ainsi de son obligation. Parmi les deux autres possibilités, il est admis que l’on s’acquitte de son obligation, mais il est préférable d’allumer à la fenêtre, car la notion de publication du miracle importe davantage que le supplément de perfection consistant à allumer à gauche de la porte. C’est en ce sens que se prononcent le Maguen Avraham, le Cha’ar Hatsioun 671, 30, le Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm IV 125 et de nombreux autres auteurs. Ceux qui suivent la coutume ashkénaze, selon laquelle plusieurs membres de la famille allument chacun une ‘hanoukia, il est bon que l’un d’entre eux allume à gauche de la porte ; ainsi, on aura accompli la mitsva dans toute sa perfection, ce d’après toutes les opinions.

[7]. Si la fenêtre est haute de plus de vingt amot (9,12 m) par rapport à la rue, il ne devrait plus y avoir de raison, de prime abord, d’allumer à la fenêtre, puisque l’on ne s’acquitte pas de l’obligation d’allumer ses veilleuses à une telle hauteur ; en effet, l’endroit n’est pas exposé à la vue, de sorte qu’il n’y a pas là de publication du miracle ; il est donc préférable d’allumer à la gauche de la porte d’entrée. C’est la consigne que donnent plusieurs décisionnaires de notre temps. Malgré cela, tout le monde s’accorde à dire qu’allumer à la fenêtre est une manière de s’acquitter de son obligation – puisque, à l’intérieur de l’appartement, la ‘hanoukia est bien placée à moins de vingt amot – ; par conséquent, si l’on sait que les passants, dans la rue, pourront effectivement voir les veilleuses à travers la fenêtre, il semble préférable d’allumer à la fenêtre. C’est ce que laisse entendre le Cha’ar Hatsioun 671, 42 ; c’est aussi l’avis du Chévet Halévi IV 65. Il y a à cela plusieurs raisons :

  1. a) Selon Rabbi Yoël (opinion rapportée par le Tour), du moment que le mur de la maison « se prolonge, depuis le sol, jusqu’à l’emplacement des veilleuses », on peut allumer au-delà même de vingt amot. Cela signifie que celui qui habite au rez-de-chaussée pourra allumer la ‘hanoukia au sommet du mur qui le surplombe. Or pourquoi ne publierait-on pas le miracle conformément à son opinion ? b) Selon le Peri Mégadim (Michbetsot Zahav, fin du chap. 105), même au-delà de vingt amot les choses restent quelque peu discernables aux passants. (Et dès lors que l’on accomplit déjà la mitsva, par le fait que l’on se trouve à moins de vingt amot du plancher sur lequel vont les membres de la famille, pourquoi ne publierait-on pas quelque peu le miracle auprès de la rue ?) c) Certains auteurs ajoutent un autre motif à ceux-là : depuis les hauts immeubles qui sont en face du sien, les voisins peuvent voir les veilleuses. Quoiqu’il en soit, quand la fenêtre est haute de plus de vingt amot, on conçoit mieux l’opinion selon laquelle il est préférable d’allumer à l’entrée de chez soi, donnant sur l’escalier. Même si l’on n’allumait qu’à l’intérieur de la maison, on serait quitte, comme nous l’avons vu en note 1.
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