05. Temps de l’allumage, la veille de Chabbat et à l’issue de Chabbat

Comme nous l’avons vu, nos sages ont prescrit d’allumer les veilleuses de ‘Hanouka après le coucher du soleil, car, avant cela, il y a encore une forte lumière, et la lumière des veilleuses ne se remarquerait pas. Toutefois, la veille de Chabbat, il va de soi que l’on ne saurait allumer les veilleuses après le coucher du soleil, puisqu’à cette heure le Chabbat a commencé, et qu’il est alors interdit d’allumer du feu. On ne peut pas non plus allumer les veilleuses tout de suite avant le coucher du soleil, car nous avons pour obligation d’ajouter une part de journée profane à la journée sainte (mitsva de tosséfet Chabbat), et d’accueillir le Chabbat avant le coucher du soleil.

En pratique, on a coutume, dans la majorité des communautés, d’accueillir le Chabbat environ vingt minutes avant le coucher du soleil : telle est l’heure d’entrée de Chabbat indiquée sur les calendriers. Et à l’approche du Chabbat de ‘Hanouka, il faut allumer en premier lieu les veilleuses de ‘Hanouka, avant celles de Chabbat[11].

Bien que l’on allume les veilleuses de ‘Hanouka avant le coucher du soleil, la publication du miracle se fera essentiellement la nuit. Aussi faut-il avoir soin de prévoir assez d’huile dans les godets, afin que les veilleuses brûlent pendant la demi-heure qui suivra l’apparition des étoiles.

Il est bon de faire la prière de Min’ha en communauté avant l’allumage des veilleuses de ‘Hanouka. En effet, l’office de Min’ha appartient au jour précédent (le vendredi), tandis que l’allumage des veilleuses se rapporte à la nuit à venir. Toutefois, il ne faut pas pour cela faire cette prière solitairement (Choul’han ‘Aroukh 679, 1, Michna Beroura 2 ; Kaf Ha’haïm 671, 79).

À l’issue de Chabbat, on fait d’abord la prière d’Arvit, puis on allume les veilleuses de ‘Hanouka. Nombreux sont ceux qui ont coutume de faire la Havdala[b] avant l’allumage de ‘Hanouka, car la Havdala conclut le Chabbat, tandis que les veilleuses de ‘Hanouka se rapporteront au jour suivant (Touré Zahav 681, 1, ‘Aroukh Hachoul’han 2, Ben Ich ‘Haï, Vayéchev 21). D’autres ont coutume d’allumer d’abord les veilleuses de ‘Hanouka, afin de rapprocher autant que possible cet allumage de la tombée de la nuit ; de plus, il est préférable de retarder autant que possible la Havdala, afin de prolonger, dans une certaine mesure, la sainteté du Chabbat. Simplement, pour qu’il soit permis d’allumer les veilleuses avant la Havdala, on devra réciter, au préalable, le passage Ata ‘honantanou (« Tu nous as gratifiés… ») au sein de la ‘Amida d’Arvit ; ou bien encore, la formule : Baroukh hamavdil bein qodech lé’hol (« Béni soit Celui qui distingue le saint du profane ») (Choul’han ‘Aroukh, Rama 681, 1). En pratique, les deux coutumes ont leur raison d’être, en halakha (comme l’indique le Béour Halakha ad loc.), et chacun est autorisé à choisir, à cet égard, sa coutume.


[11]. À Jérusalem, on a coutume d’accueillir Chabbat environ quarante minutes avant le coucher du soleil ; mais le Chabbat de ‘Hanouka, nombreux sont ceux qui ont l’usage de repousser l’allumage des veilleuses de Chabbat à vingt minutes avant le coucher du soleil, afin de rapprocher de celui-ci le moment de l’allumage de ‘Hanouka (Loua’h Erets Israël). D’autres ont l’usage de ne pas changer le moment habituel d’allumage des veilleuses de Chabbat ; ils allument celles de ‘Hanouka avant cela (cf. Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm IV 62).

[b]. Prière marquant la fin du Chabbat et le commencement de la semaine, récitée sur une coupe de vin.

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