06. Horaires des Seli’hot

https://ph.yhb.org.il/fr/15-02-06/

Le temps indiqué pour la récitation des Seli’hot est l’approche de l’aube, c’est-à-dire vers la fin de la nuit, car c’est un temps de miséricorde et de grâce céleste, une période où l’on attend de voir poindre la lumière et se révéler la parole de l’Eternel dans l’univers. Pendant cette période, tout le monde dort, le monde est silencieux, propre de pensées et d’actes mauvais ; la prière émane du plus profond du cœur, perçant toutes les cloisons qui se dressent devant elle, et est agréée. Néanmoins, dès le milieu de la nuit (‘hatsot), commence la période propice à la récitation des Seli’hot, car dès ‘hatsot commence l’attente de l’aube, et c’est un temps de grâce et de miséricorde.

Dans les dernières générations, les gens ont l’habitude d’aller se coucher à des heures tardives de la nuit, et l’heure de lever considérée comme normale se situe entre six et sept heures, environ deux heures après l’aube. S’ils se levaient à l’approche de l’aube, les gens seraient fatigués durant toute la journée ; leurs travaux et leur étude risqueraient de s’en trouver affectés. Aussi, nombreux sont, de nos jours, ceux qui ont l’usage de se lever, pour les Seli’hot, une heure ou une demi-heure seulement avant le moment habituel à leur prière de Cha’harit. Et bien qu’alors l’aube soit déjà levée, l’heure est encore propice à la récitation des Seli’hot. Mais s’il leur est possible de réciter les Seli’hot après le milieu de la nuit, c’est préférable. Quoi qu’il en soit, il faut prendre garde que la récitation des Seli’hot n’entraîne une telle fatigue qu’elle porterait atteinte à sa capacité d’accomplir ses obligations, quant à son travail ou à son étude.

Selon certains, une communauté qui ne parviendrait pas à s’organiser pour que ses membres se réunissent tôt, afin de réciter les Seli’hot, est autorisée – en raison des circonstances – à organiser leur lecture à dix heures du soir, bien que ce soit avant le milieu de la nuit (cf. Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm II 105). Cependant, en pratique, il est préférable de dire les Seli’hot individuellement à l’heure requise. En effet, selon les Kabbalistes et de nombreux décisionnaires, la période précédant le milieu de la nuit ne convient pas à la récitation des Seli’hot, car alors la mesure de rigueur est tendue sur le monde, et l’atmosphère du monde est emplie des tracas et des souillures charriés par toutes sortes de pensées et d’actes qui ne sont pas bons (Birké Yossef 581, 1-2, Cha’aré Techouva 1, Michna Beroura 565, 12).

Certains pensent qu’il faut bien se garder de dire des contre-vérités pendant la récitation des Seli’hot. En effet, dans certains poèmes, on lit : « Nous nous sommes levés à l’approche de l’aube » (Qamnou bé-achmoret) ; celui qui récite les Seli’hot après la venue de l’aube, ou près du milieu de la nuit doit donc omettre ces poèmes-là (‘Aroukh Hachoul’han 581, 4). L’usage est cependant de ne pas être pointilleux à cet égard, car le rituel a été fixé à l’intention de tout Israël ; et puisque, chaque jour, il y a des Juifs qui se lèvent à l’approche de l’aube, chaque Juif est autorisé à dire, grâce au mérite de ceux-là, « Nous nous sommes levés à l’approche de l’aube ».

Ce contenu a été publié dans Chapitre 02 - Les Seli’hot et autres prières. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.