07. Quelques règles relatives aux Seli’hot

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On dit les Seli’hot dans le cadre d’un minyan[f], car les treize attributs de miséricorde sont un texte appartenant à la catégorie des devarim ché-biqdoucha (« paroles saintes[g] »), qui nécessitent, pour être récitées, la présence d’un minyan (Choul’han ‘Aroukh 565, 5) ; et, bien entendu, il faut un minyan pour réciter le Qaddich abrégé qui amorce les Seli’hot, ainsi que le Qaddich Titqabal qui les conclut. Si, au moment fixé pour la récitation des Seli’hot, le minyan n’est pas encore constitué, on commencera par lire Achré/psaume 145, puis on passera aux supplications et aux poèmes liturgiques, en omettant les treize attributs de miséricorde ainsi que leur introduction. Puis, quand le minyan sera enfin constitué, on dire trois versets, suivis du Qaddich abrégé ; à partir de là, on commencera à inclure, dans la suite des Seli’hot, les treize attributs de miséricorde, entre les prières et poèmes liturgiques (Michna Beroura 581, 4).

Si l’on se trouve en un lieu où il n’y a pas de minyan pour réciter les Seli’hot, on pourra, si on le veut, les réciter individuellement ; on omettra alors les treize attributs de miséricorde, qui nécessitent la présence d’un minyan, ou bien encore on les récitera, mais en en chantant la mélodie traditionnelle selon les te’amim[h], comme si l’on faisait une lecture de la Torah. Certains auteurs estiment que l’on doit encore omettre, si l’on prie sans minyan, les prières rédigées en araméen (Choul’han ‘Aroukh 565, 5, Michna Beroura 581, 4) ; d’autres ont coutume de les réciter individuellement (Kaf Ha’haïm 581, 26 ; cf. Har’havot).

Bien qu’il n’y ait pas de mitsva de revêtir un talith pendant la nuit, l’officiant des Seli’hot doit, selon la coutume ashkénaze, porter un talith ; il est en effet de coutume, dans le monde ashkénaze, que l’officiant porte un talith en l’honneur de la prière et de l’assemblé (Maguen Avraham 18, 2, Cha’ar Hatsioun 581, 3). Suivant l’usage yéménite, chaque fidèle porte un talith.

Suivant la coutume séfarade, il n’est pas nécessaire que l’officiant porte un talith : cela n’est pas une obligation à Min’ha, à plus forte raison n’en est-ce pas une à Arvit ou aux Seli’hot, qui ont lieu la nuit. Cependant, quand l’officiant n’est pas vêtu d’habits distingués – par exemple s’il n’a pas de costume –, il est juste qu’il porte un talith (Rav Mordekhaï Elyahou, Miqraé Qodech 1, note 35).

Si la prière a lieu de nuit, l’officiant qui met un talith ne récite pas la bénédiction y afférente (Baroukh Ata… acher qidechanou bemitsvotav vétsivanou léhit’atef betsitsit), car il existe un doute à ce sujet : selon le Roch, il faut dire, même la nuit, la bénédiction du talith, tandis que selon Maïmonide on ne la récite pas ; or, en cas de doute portant sur une bénédiction, on est indulgent[i] (Levouch 581, 1 ; cf. Michna Beroura 6).

Même quand un nouveau marié (‘hatan) ou l’un des partenaires d’une circoncision[j] (ba’al berit) se joignent aux Seli’hot, on récite le Vidouï (la confession) et la Néfilat apayim[k]. Bien qu’il y ait des auteurs qui soutiennent le contraire, telle est la coutume. Et puisque la récitation des Seli’hot n’est pas une pleine obligation, il est préférable que le nouveau marié ou le ba’al berit ne se joigne pas à la récitation des Seli’hot ; de cette façon, la communauté ne se trouvera pas dans un cas de doute.

L’usage séfarade est de réciter certains passages des Seli’hot en étant assis, d’autres passages en se tenant debout. L’usage yéménite est de dire assis la majorité des Seli’hot. L’usage ashkénaze est de réciter toutes les Seli’hot debout. Ceux à qui il est difficile de rester debout seront autorisés à s’asseoir ; ils s’efforceront simplement de se lever quand seront récités le Vidouï et les treize attributs de miséricorde, et quand on ouvrira l’arche sainte. Les personnes âgées, faibles ou malades à qui cela même serait difficile, seront autorisées à rester assises pendant tout l’office de Seli’hot (cf. ci-après, chap. 12).


[f]. Assemblée de dix hommes âgés de treize ans ou plus.

[g]. Paroles empreintes d’une particulière sainteté, telles que le Qaddich, Barekhou, la Qédoucha.

[h]. Les signes musicaux, placés en-dessous ou au-dessus des mots du verset.

[i]. C’est-à-dire que l’on s’abstient.

[j]. C’est-à-dire le père de l’enfant, le mohel (circonciseur) et le sandaq (celui qui porte l’enfant pendant la circoncision).

[k]. Néfilat apayim : littéralement chute de la face. De nos jours, la coutume consiste, en étant assis, à incliner le visage sur l’avant-bras, dans une attitude de soumission et d’épanchement, afin d’adoucir la rigueur et d’éveiller la miséricorde divine. Le terme Néfilat apayim désigne également le texte qui se dit alors, même dans les communautés où l’on a l’habitude de lire le texte sans marquer le geste. Durant les offices ordinaires de l’année, à Cha’harit et à Minh’a, dans le cas où un nouveau marié, dans les sept jours de ses noces, ou un ba’al berit est présent, on ne récite ni le Vidouï, ni Néfilat apayim, ni aucune partie des Ta’hanounim.

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