06. Orientation du monde et quadrature de la ville

https://ph.yhb.org.il/fr/01-30-06/

Comme nous l’avons vu (§ 2), on inscrit dans un carré le lieu où l’homme s’installe pour y passer le Chabbat : si l’on passe Chabbat dans les champs, on considère ses propres quatre amot sur quatre ; et si l’on passe Chabbat en ville, on inscrit la ville à l’intérieur d’un carré (ou d’un rectangle). C’est à partir de ce quadrilatère que l’on mesure deux mille ama dans chaque direction.

Il faut ajouter à présent que, lorsqu’on inscrit une ville, ou un village, dans un carré (ou autre rectangle), il faut orienter ce carré selon les points cardinaux (Choul’han ‘Aroukh 398, 3)[6]. Toutefois, si le village s’inscrit naturellement dans un carré orienté autrement que selon les points cardinaux, il faudra tracer ce carré suivant cette orientation naturelle (Choul’han ‘Aroukh 398, 1).

Exemples d’inscriptions dans un carré, conformément à l’orientation du monde (c’est-à-dire selon les points cardinaux) :

Exemples de cas dans lesquels il est admis d’inscrire une ville dans un carré dont l’orientation ne soit pas celle du monde :

Lorsqu’une ville possède une inclinaison générale s’inscrivant dans un carré, mais que ce carré a une orientation différente de celle du monde, les décisionnaires sont partagés sur la manière de dessiner le carré. Certains pensent que c’est seulement dans le cas où l’on est obligé de ne pas se baser sur l’orientation du monde qu’il sera permis de se baser sur la carrure de la ville (Choul’han ‘Aroukh Harav 398, 3, ‘Hayé Adam 76, 14). Selon la majorité des décisionnaires, dès lors qu’il existe une inclinaison claire dans un sens déterminé, on suit cette inclinaison, bien qu’elle ne soit pas conforme à l’orientation du monde (cf. note 7). En tout cas de doute, c’est au rabbinat local de trancher.

Exemples de cas intermédiaires, dans lesquels il existe une inclinaison claire dans un sens autre que celui des points cardinaux, soit parce qu’un côté est droit, tout au long de la ville (fig. 1 ci-dessous), soit parce que la ville possède un angle droit (fig. 2 ; dans ce cas, on se base sur l’angle droit, et non d’après les points cardinaux)[7]:

Il faut encore savoir que celui qui passe le Chabbat dans les champs, et dont le « lieu » personnel est un carré de quatre amot sur quatre, est autorisé à choisir librement l’orientation du carré. En fonction de l’orientation qu’il se sera choisie, sera également déterminée l’orientation du carré que constituera le périmètre sabbatique (cf. ci-après, § 12).


[6]. Les habitants ne peuvent décider – afin de pouvoir gagner les angles dans la direction où ils souhaitent marcher –, d’inscrire leur ville dans un carré orienté autrement que selon l’orientation générale du monde. Car la règle veut que l’on inscrive le lieu dans un carré orienté conformément aux points cardinaux, comme il est dit au sujet de la quadrature des villes de refuge : « Vous compterez, en dehors de la ville, deux mille coudées du côté oriental, deux mille du côté du midi, deux mille du côté occidental, et deux mille du côté du nord, la ville étant au milieu » (Nb 35, 5) – on se fonde donc sur les points cardinaux. C’est ce que laissent entendre Maïmonide (28, 7) et le Choul’han ‘Aroukh (398, 3), et ce qu’écrivent le Michna Beroura 398, 7 et le ‘Hazon Ich 110, 23.

Toutefois, certains estiment que les habitants sont autorisés à décider d’inscrire leur ville dans un carré orienté autrement, et que le particulier devra se conformer à la décision collective (Rabbénou Yehonatan, ‘Erouvin 16a ד »ה אם, Pericha 398, 1, Markévet Hamichna sur Maïmonide, Hilkhot Chabbat 27, 2, Noda’ Biyehouda, deuxième édition, Ora’h ‘Haïm 51).

[7]. Fig. 1 : la ville possède un côté droit, sur toute sa longueur. Or nos maîtres apprennent du cas d’une ville en forme d’arc que, dans un cas semblable, c’est à partir de la corde que l’on inscrit la ville dans un carré (Méïri 55, 1) ; c’est aussi dans ce sens que s’exprime le ‘Hazon Ich, Ora’h ‘Haïm 80 et 110.

 

Fig. 2 : pour la majorité des Richonim et des A’haronim, on tient compte de l’angle pour tracer le carré dans lequel s’inscrira la ville (c’est l’avis du Rachba, du Ran, du Ritva et du Méïri pour ce qui concerne une ville bâtie en angle droit). Certains auteurs estiment que, aussi bien dans le cas de la figure 1 que de la figure 2, il faut que le carré soit orienté selon les points cardinaux (Choul’han ‘Aroukh Harav 398, 3, ‘Hayé Adam 76, 14). D’autres encore pensent que, dans tous les cas douteux, il faut choisir celui des carrés qui ajoutera le moins possible de terrain à la ville (‘Hazon Ich 110, 23). La halakha suit cependant le premier avis, qui est celui de la majorité des décisionnaires – comme le montrent les dessins ci-dessus. Toutefois, quand l’angle n’est pas net, le rabbinat local peut décider de s’appuyer sur ceux des décisionnaires qui estiment qu’il faut tracer le carré conformément aux points cardinaux.

Ce contenu a été publié dans Chapitre 30 - Zones d’habitation (te’houmin). Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.