08. Jonction de villes

    Tant que les maisons de la ville se présentent de façon ininterrompue, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas éloignées l’une de l’autre de plus d’un qarpef (un « enclos »), mesure comparable à celle d’une grande cour, ce qui représente environ 32 mètres, elles sont considérées comme contiguës. Si elles sont séparées d’une mesure supérieure à celle-là, les maisons ne s’adjoignent pas les unes aux autres, et chacune aura son propre périmètre[9].

Si les maisons de la ville sont contiguës, comme on vient de le décrire, mais qu’une des maisons sort du rang : tant que cette maison n’est pas éloignée de plus de 32 mètres de la maison la plus proche, elle grandit le périmètre du carré (ou du rectangle). De même, si, après cette maison isolée, se trouve une autre maison, puis une autre, même si tout ce territoire représente plusieurs journées de marche : tant que ces maisons ne sont pas éloignées de plus de 32 mètres l’une de l’autre, on étire le périmètre rectangulaire afin de les y inclure elles aussi. Par contre, si une maison est éloignée de plus de 32 mètres, on ne l’inclut pas dans le rectangle.

Quand deux quartiers sont proches l’un de l’autre : si la distance entre eux est supérieure à la mesure de deux cours, c’est-à-dire supérieure à 64 mètres, chaque quartier doit être regardé comme un bourg indépendant, que l’on inscrit dans son propre carré, séparément l’un de l’autre ; à partir du carré propre à chaque bourg, on compte deux mille ama dans chaque direction. Si la distance séparant les deux quartiers ne dépasse pas la taille de deux cours, soit environ 64 mètres, les deux quartiers sont considérés comme un même lieu : on les inscrit dans le même carré. Pour qu’un groupe de maisons soit considéré comme un quartier, il faut qu’il y habite au moins cinquante personnes (‘Erouvin 60a. S’il n’y a pas cinquante personnes, mais qu’il y ait trois cours, réunissant chacune deux maisons, ou qu’il y ait même six maisons, chacune dotée d’une cour, on considérera l’endroit comme un quartier ; Michna Beroura 398, 38, ‘Hazon Ich, Ora’h ‘Haïm 110, 19).

Si le lieu est entouré d’une muraille ou d’un érouv, toutes les maisons et quartiers qui se trouvent à l’intérieur sont considérés comme un seul et même lieu, bien que la muraille ou l’érouv soit éloigné des dernières maisons de plus d’un qarpef, et bien qu’il y ait parfois une grande distance entre maisons ou quartiers.


[9]. La mesure d’un qarpef est de 70 ama et 4 téfa’him, ce qui représente, en mètres, suivant l’évaluation corrigée : 32,224 m (cf. note 1) ; la mesure double de qarpef est de 64,448 m. Toutefois, pour alléger la lecture, nous écrirons dans le corps de texte que la mesure d’un qarpef est de 32 m, et que la mesure double d’un qarpef est de 64 m.
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