02. Accueil du Chabbat (Qabalat Chabbat)

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Il y a plus de quatre cents ans, les kabbalistes de Safed ont initié la récitation de cantiques avant l’entrée du Chabbat : tout en récitant, ils accueillaient le septième jour. La coutume de Rabbi Isaac Louria était d’accueillir le Chabbat dans les champs ; ses compagnons et lui se tournaient face à l’ouest, là où le soleil se couche, point cardinal qui, aux dires de nos sages, est la direction principale où se dévoile la Présence divine (Baba Batra 25a). Ils disaient alors le psaume 29, « Cantique de David. Célébrez l’Eternel, anges du divin », puis trois fois les mots « viens, fiancée » (bo-i, kala) et le psaume 92, Cantique pour le jour de Chabbat. La coutume de Rabbi Moïse Cordovero était de réciter six psaumes, correspondant aux six jours ouvrables de la semaine, en commençant par le psaume 95 (« Allons, glorifions l’Eternel ») ; puis on récitait le Cantique pour le jour de Chabbat, correspondant au septième jour. À cette époque, vivait Rabbi Chelomo Elqabets, l’auteur du poème Lekha Dodi (« Va, fiancé, au devant de ta fiancée… ») : l’usage se répandit de le réciter lors de l’accueil du Chabbat, avant le Cantique pour le jour de Chabbat ; et tel est l’usage aujourd’hui dans toutes les communautés.

On a coutume de se tourner en direction de l’ouest lors de l’accueil du Chabbat : selon le rite des communautés d’Orient, on se tourne vers l’ouest lorsque l’on récite le Cantique de David (Ps 29) et le poème Lekha Dodi ; selon le rite ashkénaze, on ne se tourne vers l’ouest que lorsqu’on récite le dernier couplet de Lekha Dodi, où l’on dit précisément « viens, fiancée » (bo-i, kala). Certains ont coutume de se tourner vers l’entrée de la synagogue, même quand cette entrée n’est pas située à l’ouest.

Dans de nombreuses synagogues, l’office commence relativement tard, et l’on n’arrive à la récitation de Lekha Dodi qu’après le coucher du soleil. Pour accomplir la mitsva de tossephet Chabbat (temps supplémentaire ajouté au Chabbat)[a], les fidèles doivent, en ce cas, recevoir la sainteté du Chabbat avant le coucher du soleil en disant : Bo-i kala, Chabbat hamalka (« Viens, fiancée, reine Chabbat »). Il est bon qu’après l’office de Min’ha, dès avant le coucher du soleil, l’administrateur de la synagogue (gabaï) annonce cela.

Les femmes ont l’usage de recevoir le Chabbat par l’allumage des bougies[b]. De cette façon, elles accomplissent la mitsva de tossephet Chabbat de façon parfaite. Une femme qui a l’usage de réciter la prière de Min’ha doit s’efforcer grandement, le vendredi, de faire cette prière avant l’allumage des bougies car, de l’avis de nombreux décisionnaires, on ne peut plus dire la prière du jour profane après être entré en Chabbat par l’allumage des bougies (Michna Beroura 263, 43). A posteriori, si l’on n’a pas eu le temps de réciter Min’ha avant l’allumage, on pourra s’appuyer sur l’opinion de décisionnaires qui estiment que, même si l’on a déjà pris sur soi d’entrer en Chabbat, et alors même qu’il est déjà interdit de travailler, il est encore possible de réciter la prière de Min’ha du jour profane (Tsits Eliézer 13, 42. Cf. Pniné Halakha, Chabbat I, 3, note 6).


[a]. L’heure limite d’entrée du Chabbat est le coucher du soleil, mais il existe une mitsva toranique de tossephet Chabbat (« ajout au Chabbat »), consistant à prélever une part de temps de la semaine pour le rattacher au Chabbat. Nous entrons donc en Chabbat en accueillant la sainteté du jour avant même le coucher du soleil. De même, le samedi soir, nous prolongeons le Chabbat au-delà de la tombée de la nuit.

[b]. Nérot Chabbat: les « lampes » du Chabbat. Nous traduisons bougies, mais il peut aussi s’agir de godets d’huile montés sur chandelier et allumés au moyen de mèches.

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