07. Roch hachana dure deux jours

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Selon la Torah, Roch hachana ne dure qu’un jour, comme il est dit : « Au septième mois, le premier du mois, aura lieu pour vous un repos solennel, commémoration en fanfare, convocation sainte » (Lv 23, 24, ainsi que Nb 29, 1). Cependant, en pratique, nous marquons Roch hachana deux jours durant.

Pour comprendre cela, il faut expliquer que toutes les fêtes juives s’inscrivent dans le calendrier hébraïque, lequel est établi suivant le cycle de la lune. Au commencement du mois, la lune paraît à nos yeux très petite, semblable à une fine ligne ; puis elle va croissant jusqu’au milieu du mois, où elle semble être dans sa plénitude, un disque complet. Dans la seconde moitié du mois, la lune va en décroissant, jusqu’à disparaître totalement de notre vue à la fin du mois, pendant environ vingt-quatre heures. Après cela, elle reparaît sous la forme d’une fine ligne, ce par quoi le nouveau mois commence. La mitsva de sanctification de la nouvelle lune veut que deux témoins, qui ont vu la nouvelle lune (le molad) dans la nuit du 30 du mois, se présentent devant le tribunal rabbinique (le beit-din) pour certifier cela. Sur la base de leur témoignage, le beit-din sanctifiera (proclamera) le nouveau mois. Puisque le cycle de la lune est d’environ vingt-neuf jours et demi, certains mois comportent vingt-neuf jours, tandis que d’autres en comportent trente (cf. Pniné Halakha, Zemanim – Fêtes et solennités juives vol. I 1, 1-2).

Les mois où avaient lieu des fêtes, immédiatement après que le beit-din eut proclamé le mois, les juges envoyaient des émissaires dans toutes les communautés d’Israël pour faire savoir quand le mois avait été proclamé, et quand tomberait la fête prochaine. Cependant, en diaspora, les émissaires ne parvenaient pas à leur destination avant la date des fêtes ; aussi les sages décidèrent-ils que, en raison du doute, les communautés de diaspora observeraient deux jours de fête (Pniné Halakha, Mo’adim – Fêtes et solennités juives vol II 9, 1-4).

Or Roch hachana est la seule fête qui ait lieu à la néoménie (Roch ‘hodech) ; aussi, dans le territoire même d’Israël, on ne parvenait pas à savoir quand tombait ce jour. En effet, après que le beit-din avait consacré le nouveau mois, il ressortait de cette proclamation même que le présent jour était un jour de fête, de sorte qu’il était interdit aux émissaires de sortir du périmètre sabbatique (le te’houm) pour faire savoir aux communautés à quel moment le mois avait été consacré. Par conséquent, devant le doute, on dut observer deux jours de Roch hachana dans l’ensemble du territoire.

Certes, à Jérusalem, siège du beit-din, on savait quand celui-ci consacrait le mois ; mais on ne pouvait le savoir à l’avance, car ce n’est que de jour que l’on recevait les témoins et que l’on consacrait le mois. Par conséquent, en raison du doute, on devait observer les usages de la fête dès le début de la nuit du trentième jour à compter du commencement d’éloul. Si, le lendemain, des témoins arrivaient pour certifier que la lune était apparue, le beit-din proclamait le mois, et il apparaissait que ce jour était Roch hachana. Le lendemain, on se conduisait suivant les usages des jours profanes. Et si, de tout le trentième jour, il ne se présentait pas de témoins, il apparaissait que ce jour était profane, et que la fête aurait lieu le lendemain. Nous voyons donc que, lorsque le beit-din consacrait le mois le premier jour, on observait à Jérusalem un seul jour de fête ; et quand Roch ‘hodech tombait le deuxième jour, on observait, en pratique, deux jours de fête à Jérusalem.

Les doutes portant sur le temps conviennent, au fond, au caractère de Roch hachana, fête mystérieuse et ineffable, et qui a donc lieu en un temps où la lune, voilée, commence de se révéler. C’est pourquoi cette fête porte aussi le nom de kessé (« voilement »), comme il est dit : « Sonnez du chofar à la néoménie, au temps du voilement, jour de notre fête (‘haguénou) » (Ps 81, 4). Sur ce verset, les sages disent : « Quelle est donc la fête où la lune se voile ? C’est Roch hachana (Roch Hachana 8a).

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