14. Nœuds interdits

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    Il est interdit de faire un double nœud proprement dit [c’est-à-dire un nœud simple fait deux fois successivement]. L’interdit vaut y compris quand on a l’intention de le défaire le jour même. Puisqu’il s’agit d’un lien fort, capable de se maintenir longtemps, il faut craindre qu’il ne doive être considéré comme un nœud à caractère artisanal (Chilté Haguiborim) ; dès lors, de l’avis de plusieurs Richonim (Rif, Maïmonide), il est rabbiniquement interdit de le faire, même pour une durée limitée. Cette règle concerne les doubles nœuds étroitement serrés, que l’on fait parfois à ses chaussures, ou encore pour attacher un sac poubelle. En revanche, il est permis aux femmes d’attacher leur foulard avec un nœud double, puisqu’elles n’ont pas l’usage de le serrer étroitement. Mais celles qui apportent à leur pratique un supplément de perfection ont l’habitude d’être rigoureuses en la matière, et s’abstiennent de faire un nœud double.

Si l’on porte une chaussure qui a été attachée par un double nœud, et que l’on en souffre, il est permis de la dénouer[11].

Il est interdit d’attacher l’extrémité d’un fil sur lui-même par un nœud simple, comme on a l’habitude d’attacher le fil que l’on coud, ou le bout des tsitsit. En effet, un tel nœud est difficile à défaire, et il est à craindre qu’il ne faille le considérer comme un nœud d’artisan, ce qui, de l’avis d’une partie des décisionnaires, interdirait rabbiniquement de le nouer, même pour une courte durée, et interdirait toraniquement de le nouer de façon permanente (Séfer Mitsvot Gadol, Rama 317, 1). Dans le même sens, il est interdit d’attacher un sac de plastique, contenant des aliments, par un nœud simple fermement serré[e]. En revanche, il est permis d’attacher ce sac par un nœud de rosette, ou par un nœud simple fait en attachant l’une à l’autre les deux anses du sac.


[11]. Selon Rachi et le Roch, tout nœud fait pour une courte durée est autorisé ; dès lors, un double nœud, fait à une chose que l’on a l’habitude de nouer pour une courte durée, est autorisé. Mais les décisionnaires discutent de la position du Rif et de Maïmonide – pour qui un nœud de type artisanal (qécher chel oman) est rabbiniquement interdit, même pour une courte durée – : que pensent-ils du double nœud ?

 

Selon le Chilté Haguiborim, il est bien possible que le nœud artisanal doive être défini comme un nœud fort ; or un double nœud est considéré comme un nœud fort. C’est la position du Rama 317, 1, du Peri ‘Hadach, du Rav Pe’alim II Ora’h ‘Haïm 44. Le ‘Aroukh Hachoul’han (317, 3) et le ‘Hazon Ich (52, 17) estiment qu’il s’agit d’une rigueur non obligatoire car, pour faire un nœud d’artisan, il faut une compétence professionnelle, or un double nœud ne requiert pas de compétence professionnelle. Mais dans la mesure où de nombreux décisionnaires, se plaçant dans le sillage du Rif et de Maïmonide, interdisent le double nœud, on suit a priori cet usage.

Toutefois, en cas de nécessité, quand des chaussures ont été attachées par un double nœud, il est permis de les dénouer ; en effet, si l’on se place du point de vue de Rachi et du Roch, il n’y a là aucun interdit, puisque ces nœuds ont été faits pour une courte durée. Même si l’on se place du point de vue du Rif et de Maïmonide, certains décisionnaires autorisent le double nœud. Et pour ceux-là même qui l’interdisent, cet interdit est seulement rabbinique : en cas de nécessité, on peut s’appuyer sur les avis indulgents.

 

Tout ce débat concerne le cas du double nœud étroitement serré. Mais quand il s’agit d’un foulard, que l’on n’a pas l’usage de serrer si étroitement, cela n’est pas interdit (comme l’écrivent le Chemirat Chabbat Kehilkhata 15, note 175 et le Menou’hat Ahava III 14, 5 ; cf. aussi Or’hot Chabbat 10, note 16. Néanmoins, le Rav Pe’alim ad loc. et le Qitsour Choul’han ‘Aroukh 80, 45 sont rigoureux).

 

[e]. Faire un nœud simple (également appelé demi-nœud) consiste ici à rassembler les deux anses du sac en plastique en une seule branche, et à nouer cette branche unique sur elle-même : le nœud sera difficile à défaire. En revanche, si l’on traite chaque anse comme une branche, que l’on noue à l’autre, il sera facile de défaire le nœud.

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