16. Autres règles

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Quiconque tresse une corde (ou une ficelle) – c’est-à-dire qu’il entrelace des fils dont il fait une corde ou une ficelle – enfreint l’interdit de nouer (qocher) ; quiconque défait cette corde ou cette ficelle en en séparant les fils enfreint l’interdit de dénouer (matir) (Maïmonide 10, 8)[14].

Il est interdit d’enfiler des perles, de crainte que l’on n’en vienne à attacher le fil. Même si les perles se sont échappées du fil, il est interdit de les y remettre, de crainte d’en venir à attacher le fil (Michna Beroura 317, 20). Mais il est permis aux enfants de faire un collier de perles jouet, s’il n’est pas destiné à se maintenir longtemps, cas dans lequel les enfants referment le collier en faisant un nœud temporaire (Chemirat Chabbat 16, 22).

Selon certains auteurs, il est interdit de faire passer un lacet dans une chaussure neuve car, ce faisant, on rend cette chaussure propre à être utilisée, ce qui relève de l’interdit de réparer [ou de consolider] un ustensile (metaqen keli) (Qtstot Hachoul’han 146, Badé Hachoul’han 3). D’autres estiment qu’il est interdit de faire passer un lacet nouveau dans une chaussure même ancienne (Michna Beroura 317, 18, Chemirat Chabbat Kehilkhata 15, 64). D’autres encore pensent que, de nos jours, il est permis de passer des lacets dans des chaussures même neuves, car les chaussures d’aujourd’hui sont pourvues de trous assez larges pour y passer facilement les lacets, si bien que cette action n’est pas considérée comme un travail (Yabia’ Omer IX 108, 162). Pour être quitte aux yeux de tous, il est juste de passer les lacets de façon inhabituelle, par exemple en omettant certains des trous, ou bien en ne les passant que dans les trous du dessus, de façon que, à l’issue de Chabbat, il soit nécessaire de remettre les lacets, cette fois selon l’usage ; dès lors, on ne pourra considérer que l’on « consolide un ustensile » pendant Chabbat (Chemirat Chabbat Kehilkhata 15, 64).

Il est permis d’introduire une ceinture dans les passants d’un pantalon neuf, car la ceinture n’est pas destinée à y rester de façon permanente. De même, il est permis de recouvrir un oreiller neuf d’une taie. En revanche, il est interdit d’introduire un cordon ou une lanière dans une robe neuve ou un pantalon neuf, dès lors qu’ils devraient y rester de façon permanente, car, en les y passant, on rend ces habits propres à l’utilisation (Michna Beroura 317, 16, Chemirat Chabbat Kehilkhata 15, 66).


[14]. Le Rav Chelomo Zalman Auerbach interdit de fermer un sac de nourriture en enroulant un fil de fer flexible, pour une durée supérieure à vingt-quatre heures : puisque le fil de fer reste enroulé de façon ferme, on le considère comme un nœud (Chemirat Chabbat Kehilkhata 15, note 174). Le Or’hot Chabbat 10, 30 rapporte également cela au nom du Rav Yossef Chalom Elyachiv. Il ne semble pas, pourtant, que l’on doive considérer cet enroulement comme un nœud ; en effet, ce n’est pas l’enroulement qui permet de tenir le sac fermé, mais la rigidité du fil, si bien que ce cas doit plutôt être assimilé à la fermeture et à l’ouverture de boutons, sur lesquelles ne pèse aucun interdit. C’est en ce sens que se prononcent le Rivevot Ephraïm 3, 552, le Chévet Halévi VII 55, le Or’hot Chabbat ibid. au nom du Rav Nissim Karelitz. Quoi qu’il en soit, dans la mesure où l’on n’a pas l’intention de laisser ce sac fermé de façon permanente, et où le nœud n’est pas de type artisanal, il n’est pas à craindre d’enfreindre un interdit toranique ; or en cas de doute portant sur une règle rabbinique, on est indulgent.

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