12. Ordonnancement des veilleuses et allumage

Quand on s’apprête à agencer la ‘hanoukia, un doute se présente : où est-il préférable de fixer la veilleuse le premier jour, où fixera-t-on la deuxième veilleuse le deuxième jour, et quelle veilleuse est-il préférable d’allumer en premier ? S’il est vrai que, de quelque manière qu’on procède, on accomplira la mitsva sur le mode de méhadrin min haméhadrin (avec un haut degré de perfection), la coutume la plus parfaite est de fixer la veilleuse, le premier jour, du côté droit de la ‘hanoukia (c’est-à-dire à la droite de celui qui allume, quand celui-ci se tient face à la ‘hanoukia). En effet, il y a lieu de toujours donner la priorité au côté droit sur le gauche. Le deuxième jour, on ajoutera une veilleuse à la gauche de la première et, après avoir récité les bénédictions, on allumera d’abord la veilleuse supplémentaire, puis celle qui est à sa droite. Il y a à cela deux raisons : a) il est préférable de commencer par la veilleuse supplémentaire, car elle exprime l’accroissement du miracle ; b) en allumant d’abord la veilleuse de gauche, on devra se diriger ensuite vers la droite, afin d’allumer celle qui est à droite de la précédente ; or nos sages disent : « De toutes les directions vers lesquelles l’homme se tourne, il est préférable qu’il se tourne du côté droit » (Yoma 15b). De même, chaque jour, on ajoutera une veilleuse à la gauche des précédentes, et c’est celle que l’on allumera en premier ; puis on se dirigera vers la droite pour allumer les autres veilleuses, de gauche à droite.

Au moment des bénédictions, il convient de se tenir du côté gauche de la ‘hanoukia, afin que la veilleuse la plus proche soit celle que l’on s’apprête à allumer la première ; de cette façon, on ne paraîtra pas passer par-dessus les autres veilleuses pour allumer celle-ci (Choul’han ‘Aroukh 676, 5, Michna Beroura 11)[15].


[15]. Cette coutume est exposée par le Choul’han ‘Aroukh 676, 5, le Darké Moché 2, Rabbi Isaac Louria dans le Cha’ar Hakavanot, le Kaf Ha’haïm 31. L’usage de se tenir près de la nouvelle veilleuse, celle de gauche, est expliqué par le ‘Hayé Adam 154, 23 et le Michna Beroura 11. Il semble juste d’ajouter que se tenir du côté gauche de la ‘hanoukia présente un autre avantage : au moment d’allumer la première veilleuse, celle de gauche, on ne paraîtra pas se tourner vers la gauche : on considèrera simplement que l’on allume la veilleuse la plus proche de soi, et que, de là, on se tourne vers la droite.

On trouve encore deux coutumes : selon le Maharchal et le Gaon de Vilna, on allume d’abord la veilleuse la plus proche de la mézouza de l’entrée (qu’on ait placé la ‘hanoukia à gauche de l’entrée, comme il le faut a priori, ou à droite) ; de là, on continue d’allumer les autres veilleuses. On procède ainsi car c’est cette veilleuse qui constitue l’essentiel de la mitsva, tandis que les autres sont allumées pour l’embellissement de la mitsva ; or cette notion est plus importante que le fait d’allumer de gauche à droite. Quant à la coutume du Touré Zahav, elle est inverse de la méthode habituelle. Cet auteur pense en effet que « se tourner vers le côté droit » signifie, pour nos sages, commencer d’allumer la veilleuse de droite, puis continuer, de là, vers la gauche. Le premier jour, on allume la veilleuse placée à gauche de la ‘hanoukia [quand celle-ci est elle-même placée à l’intérieur de la maison, perpendiculairement à l’ouverture de la porte] car c’est celle qui est la plus proche du montant gauche de la porte [en entrant. Les soirs suivants, on allume de droite à gauche les veilleuses, placées sur la partie gauche de la ‘hanoukia]. Ces différentes méthodes sont expliquées par le Michna Beroura ibid. et le Béour Halakha ad loc., qui précise que, par tous ces procédés, on s’acquitte de son obligation. Cf. encore Torat Hamo’adim 6, 35 et Yemé Ha’hanouka 6, 19.

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