15. Allumage des veilleuses dans des lieux publics

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Nombreux sont ceux qui ont coutume de donner un supplément de perfection à la mitsva de publier le miracle, en allumant une ‘hanoukia en tout lieu où se rassemblent des gens : à un mariage, une bar-mitsva, une bat-mitsva (célébration de la majorité religieuse d’une fille), ou encore lorsqu’on se rassemble lors d’une fête donnée à l’occasion de ‘Hanouka, ou lors d’une conférence. La question qui se pose est de savoir s’il est permis de réciter les bénédictions, pour un allumage fait en de telles occasions.

Selon de nombreux maîtres de notre génération, on ne récite pas les bénédictions pour un allumage fait en de telles célébrations, car ce n’est qu’à la synagogue qu’il est de coutume de faire un allumage public assorti de ses bénédictions ; il ne nous revient pas, en revanche, de créer de nouvelles coutumes, pour d’autres lieux ; et celui qui dirait ces bénédictions en un autre lieu les prononcerait en vain. Il se peut que, si l’on a coutume de procéder à un allumage à la synagogue précisément, ce soit en souvenir du chandelier que l’on allumait au Temple, la ménora. En effet, la synagogue est considérée comme un petit temple (miqdach mé’at). Il n’y a donc pas lieu de procéder, en d’autres endroits, à un allumage assorti de ses bénédictions.

Cependant, selon certains décisionnaires, il est permis, en tout lieu de réunion publique, de faire un allumage et d’en réciter les bénédictions, car la coutume consistant à allumer des veilleuses à la synagogue a pour motif la publication du miracle. Aussi y a-t-il lieu de réciter les bénédictions de l’allumage en tout lieu de réunion publique. Il est toutefois préférable de faire, en un tel lieu, les offices de Min’ha et d’Arvit, voire d’Arvit seulement : alors, ce lieu sera considéré, dans une certaine mesure, comme une synagogue, et l’on pourra dès lors procéder à l’allumage et réciter les bénédictions, comme il est d’usage.

En pratique, ceux qui veulent s’appuyer sur l’opinion selon laquelle on peut réciter les bénédictions y sont autorisés. S’il se trouve aussi, dans cette réunion, des personnes non pratiquantes, qui n’ont peut-être pas allumé leurs veilleuses chez elles, il importe grandement d’allumer les veilleuses à cette occasion, en récitant les bénédictions. En effet, c’est seulement dans le cas où l’allumage se fait avec ses bénédictions que tous les participants y prêteront attention, écoutant les bénédictions ; ce n’est qu’alors que le miracle sera manifeste à leurs yeux, et qu’ils apprendront à accomplir la mitsva. Si c’est possible, il est préférable de confier l’honneur d’allumer et de réciter les bénédictions à un Juif qui n’a pas l’habitude de pratiquer les mitsvot. De cette façon, il sera manifeste que les mitsvot sont l’héritage de tout le peuple juif : pratiquants et non pratiquants tous ensemble[18].


[18]. Ceux qui interdisent de réciter les bénédictions sont : Min’hat Yits’haq VI 65, Tsits Eliézer XV 30, Divré Yatsiv, Ora’h ‘Haïm 286, Chévet Halévi IV 65, le Rav Chelomo Zalman Auerbach et le Rav Yossef Chalom Elyachiv. En revanche, le Rav Mordekhaï Elyahou le permet, à condition que l’on fasse la prière d’Arvit en ce même lieu. Quant au Rav Chaoul Israeli, il le permet, même si l’on ne fait pas Arvit (Miqraé Qodech du Rav Harari, 10, note 24). C’est aussi l’avis du Yabia’ Omer VII 57, 6, qui rapporte que le Michnat Ya’aqov du gaon Rabbi Ya’aqov Rosenthal s’exprime dans le même sens. Pour le Az Nidberou V 37 et VI 75, on récite la bénédiction quand le rassemblement se fait à l’extérieur.

Si nous écrivons qu’il est préférable d’honorer une personne qui n’est pas habituée à la pratique des mitsvot, c’est que, même dans le cas où la halakha devrait être conforme à l’opinion rigoureuse, on pourrait considérer que cette personne récite les bénédictions au titre de l’apprentissage et de l’éducation (à la manière des enfants qui s’habituent à réciter les bénédictions ; cf. Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 215, 3, Michna Beroura 14, Cha’ar Hatsioun 14). Il semble que le conseil, donné par certains, de réciter les bénédictions en les lisant dans un volume de Talmud (où elles sont précisément enseignées) ait plus d’inconvénients que de les confier à un non pratiquant qui s’habitue ainsi à les réciter.

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