05. Bénédictions de l’allumage ; le texte Hanérot halalou

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Nos sages ont institué la récitation de deux bénédictions avant l’allumage des veilleuses de ‘Hanouka, afin que nous dirigions notre pensée vers les deux aspects de la mitsva. La première bénédiction est relative à la mitsva en elle-même ; elle est ainsi libellée : Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hénou, Mélekh ha’olam, acher qidechanou bemitsvotav vétsivanou lehadliq ner (chel) ‘Hanouka (« Béni sois-Tu, Eternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par tes commandements et nous as ordonné d’allumer la lampe de ‘Hanouka »). Dans la version séfarade la plus répandue, on dit lehadliq ner ‘Hanouka, et non lehadliq ner chel ‘Hanouka[3].

La deuxième bénédiction exprime notre reconnaissance pour les miracles que produisit l’Eternel en faveur de nos pères, à l’époque de ‘Hanouka. Nos sages en ont institué la récitation au moment de l’allumage, car les veilleuses de ‘Hanouka ont pour but de nous rappeler les miracles et leur sens. La formule est : Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hénou, Mélekh ha’olam, ché’assa nissim laavoténou, bayamim hahem, bazman hazé (« Béni sois-Tu, Eternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui fis des miracles pour nos pères, à cette époque, à pareille date »). Le premier jour, on ajoute la bénédiction Chéhé’héyanou (« qui nous as fait vivre… »). Elle exprime notre reconnaissance envers Dieu pour nous avoir fait vivre, nous avoir maintenus une année de plus, si bien que nous avons le mérite de parvenir une fois encore à la période de ‘Hanouka, et d’accomplir de nouveau la mitsva de l’allumage[4].

Immédiatement après avoir terminé de réciter les bénédictions, on commence à allumer les veilleuses. Il ne faut pas s’interrompre par des paroles entre la récitation des bénédictions et l’allumage des veilleuses. Toutefois, après avoir terminé d’allumer la première veilleuse, on a coutume de commencer la récitation du texte Hanérot halalou (« Ces veilleuses que nous allumons, pour les miracles…, sont saintes… »), texte dont l’origine se trouve dans le traité Sofrim 20, 6. Tout en le récitant, on continue d’allumer les autres veilleuses. Bien que l’on n’ait pas encore allumé les autres veilleuses, il n’est pas à craindre que la récitation de ce texte constitue une interruption. Nous avons vu, en effet, que la mitsva se trouve déjà réalisée par le seul allumage de la première veilleuse, tandis que les autres ne sont allumées que pour l’embellissement de la mitsva. Et bien qu’a priori il ne faille pas parler avant d’avoir terminé d’allumer les veilleuses, le texte Hanérot halalou constitue une explication du sens de la mitsva, si bien qu’il y a lieu, au contraire, de le réciter tout en continuant de l’accomplir. Toutefois, si l’on a du mal à réciter Hanérot halalou tout en accomplissant l’allumage, on pourra le réciter après avoir terminé d’allumer l’ensemble des veilleuses du jour (cf. Michna Beroura 676, 8, Michbetsot Zahav 5).

En plus des bénédictions et de la récitation de Hanérot halalou, certains récitent, avant les bénédictions, le Léchem yi’houd, texte destiné à intensifier la kavana (l’intention, l’orientation de l’esprit) dans l’accomplissement de la mitsva.

Il faut allumer chaque veilleuse correctement, et attendre que le feu prenne la majorité de la mèche de façon stable, et ne pas faire comme ces gens pressés qui, avant que la veilleuse ne soit convenablement allumée, passent à la suivante (Béour Halakha 673, 2, passage commençant par Hadlaqa).


[3]. Dans la Guémara Chabbat 23a, la version est lehadliq ner chel ‘Hanouka, et telle est aussi la version du Rif et de la majorité des Richonim. Tel est l’usage ashkénaze, comme l’écrit le Michna Beroura 676, 1. Face à cela, le Choul’han ‘Aroukh 676, 1 écrit lehadliq ner ‘Hanouka ; c’est aussi l’avis de Rabbi Isaac Louria et du Gaon de Vilna, et tel est l’usage séfarade majoritaire.

[4]. Selon certains avis, les bénédictions Ché’assa nissim et Chéhé’héyanou sont à la fois afférentes à la mitsva de l’allumage et au jour en tant que tel. Celui qui n’allume pas de veilleuses les dira donc néanmoins, en tant qu’elles sont également relatives au jour (Méïri). D’autres pensent qu’elles n’ont été instituées que pour s’appliquer à l’allumage ; celui qui n’allume pas de veilleuses, ou qui ne voit pas les veilleuses, n’est donc pas autorisé à prononcer ces bénédictions (Maïmonide). Les A’haronim, eux aussi, sont partagés sur cette question. Le Cha’ar Hatsioun 676, 3 laisse la question en suspens. Mais pour la majorité des A’haronim, s’agissant d’un cas de doute, il n’y a pas lieu de dire la bénédiction. Cf. Yemé Hallel Véhodaa 19, 4.

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