07. Les veilleuses

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Tous les types d’huile et de mèche sont cachères pour former la veilleuse de ‘Hanouka ; même les huiles et mèches qui ne seraient pas valides pour allumer les veilleuses de Chabbat le sont pour l’allumage de ‘Hanouka. En effet, les veilleuses de Chabbat sont destinées à éclairer la maison ; or, si la veilleuse n’éclaire pas bien, il est à craindre que l’on n’en vienne à l’incliner pendant Chabbat, afin d’en améliorer la flamme, profanant ainsi le Chabbat. C’est pourquoi nos sages ont interdit d’allumer les veilleuses de Chabbat au moyen d’une huile ou d’une mèche qui n’ont pas la propriété de bien éclairer. En revanche, s’agissant de ‘Hanouka, nous n’avons pas le droit de nous servir des veilleuses ; par conséquent, toute huile, toute mèche susceptibles de brûler pendant une demi-heure sont cachères pour servir à l’allumage de ‘Hanouka.

Plus la lumière répandue par la veilleuse est forte et claire, plus parfaitement est accomplie la mitsva, car le miracle est plus nettement publié. Aussi, nombreux sont ceux qui ont l’usage d’embellir la mitsva en allumant des bougies de cire ou de paraffine, dont la flamme est forte et belle. De nombreux A’haronim écrivent que la mitsva s’accomplit plus parfaitement encore avec de l’huile d’olive, car la lumière est alors très claire ; de plus, on rappelle par-là le miracle de la fiole d’huile[6].

Les veilleuses de ‘Hanouka doivent contenir assez de matière combustible pour brûler pendant une demi-heure. En effet, nos sages ont prescrit de procéder à l’allumage depuis la fin du coucher du soleil jusqu’à ce que « le pied quitte le marché » (c’est-à-dire que les passants aient quitté le domaine public), or le temps qui s’écoule entre ces deux limites équivaut à une demi-heure. Même quand on fait l’allumage à l’intérieur de la maison, il faut que les veilleuses brûlent au moins une demi-heure. Si l’on ne dispose que de peu d’huile, ou d’une petite bougie, qui peut brûler moins d’une demi-heure seulement, on l’allumera sans réciter les bénédictions[7].


[6]. Chabbat 21b, 23a ; Choul’han ‘Aroukh 673, 1. En Chabbat 23a (cf. Bérour Halakha), nos sages disent que, par l’huile d’olive, on accomplit la mitsva de la façon la plus parfaite ; mais de ce passage, il ressort que le motif de cette préférence réside seulement dans le fait que la lumière obtenue est plus claire. C’est pourquoi certains auteurs estiment que, par des bougies de cire, la mitsva s’accomplit de façon aussi parfaite que par l’huile d’olive, et peut-être de meilleure façon encore, comme le dit le Darké Moché 673, 1, et comme le rapporte le Rav Kook, Mitsvat Reïya 673. Toutefois, le Méïri et le Colbo écrivent qu’il y a un autre avantage à l’huile d’olive, en ce qu’elle rappelle le miracle ; c’est aussi l’avis de nombreux A’haronim, parmi lesquels le Michna Beroura 4 et le ‘Aroukh Hachoul’han 1. Tel était, en pratique, l’usage du Rav Avraham Yits’haq Kook et de son fils, le Rav Tsvi Yehouda Kook. (Quant à l’opinion du Maharal, cf. Ma’hatsit Hachéqel 1, Cha’ar Hatsioun 4, Kaf Ha’haïm 18, Yemé Hallel Véhodaa 14, notes 21-23).

[7]. Selon une première compréhension de ce passage du traité Chabbat 21b, il faut comprendre que le temps où l’on doit procéder à l’allumage se situe « entre le coucher du soleil et le moment où le pied quitte le marché » ; suivant une deuxième compréhension, le laps de temps durant lequel les veilleuses doivent brûler doit équivaloir à celui qui sépare ces deux moments. Le Rif, Maïmonide et d’autres Richonim estiment que cela équivaut à une demi-heure, et c’est en ce sens que tranche le Choul’han ‘Aroukh 672, 2 et 675, 2. Cf. Michna Beroura 672, 5.

Cependant, certains Richonim estiment que l’on s’acquitte de son obligation par un temps de combustion moindre, et par des veilleuses plus petites ; soit que la halakha soit, selon eux, conforme à la première compréhension du Talmud, soit même qu’elle soit conforme à la seconde, mais que, depuis que l’on a pris l’habitude d’allumer à l’intérieur des maisons, il ne soit plus nécessaire de le faire pour une telle durée, laquelle correspondait au temps durant lequel les gens rentraient du marché (Or Zaoura’, Séfer Mitsvot Gadol). Aussi, quand il n’y a pas assez d’huile, on allumera sans bénédiction (Béour Halakha 672, 2  ד »ה כזה). Cf. Bérour Halakha sur Chabbat 21b, note 4, 2 et note 5, Torat Hamo’adim chap. 6 § 27 et 31.

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