08. Ampoules électriques

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Après que fut découverte l’électricité, la question se posa de savoir si l’on pouvait accomplir la mitsva d’allumer les veilleuses de ‘Hanouka en utilisant des ampoules électriques.

En pratique, la majorité des décisionnaires estiment que l’on ne s’acquitte pas de la mitsva par le biais d’ampoules électriques, car celles-ci ne peuvent être considérées comme des veilleuses (nérot) : elles n’ont ni mèche ni huile. De plus, leur lumière est très puissante, de sorte qu’il faut craindre qu’elles ne doivent être assimilées à des torches, et non à des veilleuses.

Selon le Rav Kook – que la mémoire du juste soit bénie –, puisque l’électricité n’avait pas encore été découverte lorsque nos sages décidèrent de la mitsva, elle ne saurait être considérée comme l’un des types d’éclairage prévus par le décret des sages, et par lesquels on peut accomplir la mitsva (Mitsvat Reïya, Ora’h ‘Haïm 673).

Certes, en matière de veilleuses de Chabbat, la majorité des décisionnaires pensent que, en cas de nécessité, on peut accomplir la mitsva en utilisant des ampoules électriques, et en réciter la bénédiction, parce que le rôle essentiel des veilleuses de Chabbat est d’éclairer. En revanche, les veilleuses de ‘Hanouka ont pour but de rappeler le miracle ; par conséquent, elles doivent ressembler aux lumières du Temple ; et puisque l’ampoule électrique ne ressemble pas à la flamme d’une veilleuse, on ne peut s’acquitter de son obligation de cette façon.

Mais a posteriori, quand on ne dispose pas de veilleuse cachère, on allumera des ampoules électriques sans réciter les bénédictions ; par cela, on rappellera le miracle et, de l’avis d’une minorité de décisionnaires, on accomplira même la mitsva[8].

Certains ont l’usage de placer de grands chandeliers de ‘Hanouka (‘hanoukiot) sur des places publiques, chandeliers dont les lumières sont électriques et se voient à de longues distances. Bien que l’on n’accomplisse pas, ce faisant, la mitsva prescrite par nos sages, cela présente une utilité : grâce à cela, on rappelle le miracle de ‘Hanouka au plus grand nombre.


[8]. Certains A’haronim estiment que l’on peut accomplir la mitsva de l’allumage de ‘Hanouka par le biais d’ampoules électriques. Telle est l’opinion du Rav Yossef Messas, dans ses responsa Mayim ‘Haïm 279. Selon le Rav Chelomo Zalman Auerbach (Halikhot Chelomo 15, 3), on peut, si l’on n’a pas le choix, allumer une lampe-torche et réciter les bénédictions sur un tel allumage (car la matière combustible [électrique] que cet appareil contient est proche de l’ampoule, qui peut être assimilée à une mèche). Mais pour la majorité des décisionnaires, une ampoule électrique n’est pas valide ; aussi, faute de choix, on allumera des ampoules électriques, mais sans dire les bénédictions. Cf. Yabia’ Omer III 35, qui résume les opinions. Les A’haronim traitent de ces distinctions. Le Rav Kook écrit dans Mitsvat Reïya, Ora’h ‘Haïm 673 : « Du fait que ces ampoules n’existaient pas à l’époque où nos sages légiférèrent, il faut dire qu’elles ne font pas partie de la catégorie de veilleuses (nérot) sur lesquelles porte leur décision. Nous trouvons un autre exemple de ce type d’exclusion en matière de taches [de sang sur les sous-vêtements, s’agissant des lois de nida], où l’on se réfère uniquement aux puces qui existaient à l’époque talmudique. »

La distinction à faire entre veilleuses de Chabbat et de ‘Hanouka est expliquée par le Har Tsvi, Ora’h ‘Haïm II 114 et d’autres auteurs. Cf. Pniné Halakha, Lois de Chabbat I 4, 5, où il est dit que, en cas de nécessité, on peut dire la bénédiction, à l’approche de Chabbat, sur l’allumage d’une ampoule à filament électrique.

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