09 – Contenu de l’étude nocturne

Il existe deux coutumes, quant à l’étude de la nuit de Chavou’ot, et l’une et l’autre sont bonnes. D’après la première, instituée par les kabbalistes, on lit les trois premiers et les trois derniers versets de chacune des parachot[m] de la Torah ; certains paragraphes sont cependant lus dans leur intégralité, comme celui de la révélation du Sinaï et les Dix commandements. Après le Pentateuque, on lit les trois premiers et les trois derniers versets de chaque livre des Prophètes et des Hagiographes. Puis on lit la première michna et la dernière de chaque traité de la Michna ; cependant, certains n’ont pas coutume de lire des textes de la Michna. Ensuite, on fait la lecture des six cent treize mitsvot. Puis, des textes midrachiques sur le don de la Torah. Viennent alors la Idra Rabba et d’autres extraits du Zohar. Outre ceux qui suivent constamment les coutumes kabbalistiques, cet usage a été adopté par d’autres communautés. C’était en particulier la coutume du Gaon de Vilna, du ‘Hatam Sofer et du Rav Elyahou David Rabinowitz-Teomim (Adéret). Certains disent qu’il est bon de réciter cet ensemble de textes, nommé Tiqoun, dans le cadre d’un minyan (Chné Lou’hot Habrit, ‘Hida)[2].

La seconde coutume consiste, pour chacun, à étudier ce que son cœur désire, comme le disent les sages : « L’homme ne saurait étudier la Torah qu’au lieu que désire son cœur » (‘Avoda Zara 19b). De nombreux étudiants de yéchiva ont l’usage d’étudier la Guémara, comme ils en ont l’habitude en toutes leur sessions d’étude. Certains choisissent d’étudier des textes évoquant la valeur de la Torah ou la sainteté de ce jour. On raconte que l’auteur du Teroumat Hadéchen (qui vivait il y a environ six cents ans) étudiait le Séfer Mitsvot Qatan, et parfois les Lois de l’étude de la Torah de Maïmonide. D’autres ont l’usage d’étudier le Séfer Hamitsvot de Maïmonide ; le Rav Kook avait ainsi coutume, la nuit de Chavou’ot, de donner une longue leçon basée sur le Séfer Hamitsvot. D’autres ont l’usage d’étudier quelque sujet qui les intéresse, afin de pouvoir se concentrer malgré la fatigue.


[m]. Péricopes hebdomadaires lues le Chabbat, telles que Béréchit, Noa’h, Lekh lekha, etc.

[2]. Selon le Chné Lou’hot Habrit (traité Chevou’ot, Ner Mitsva 4), le Tiqoun consiste à réciter la première et la dernière des michnayot de chaque traité. Tel était l’usage de Rabbi Yossef Caro ; et c’est grâce à son étude de la Michna qu’il mérita la révélation. C’est aussi ce que l’on trouve, en pratique, dans de nombreux rituels. Face à cela, le ‘Hida écrit, se fondant sur la Kabbale, qu’il n’y a pas lieu d’étudier la Michna pendant la nuit de Chavou’ot, le Tiqoun devant consister en versets bibliques et en textes ésotériques. Tel est aussi l’avis du Ben Ich ‘Haï, Bamidbar 4 et du Kaf Ha’haïm 494, 9. Selon certains, il n’y a pas d’intérêt à ce que les femmes récitent le Tiqoun (Rav Pe’alim, Sod Yecharim 9). Cependant, suivant la logique, le don de la Torah et les préparatifs qui le précèdent ressortissent aux femmes comme aux hommes. Cf. Har’havot.

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