06.Les parois de la souka

Toutes les matières sont valides pour les parois (dofen, plur. defanot, c’est-à-dire les « murs » de la souka), à condition qu’elles résistent à un vent ordinaire (roua’h metsouya). Il n’est pas nécessaire que les parois soient hermétiques afin de protéger du soleil et du vent. On peut donc utiliser des parois de plastique, de verre, ou une barrière grillagée (Choul’han ‘Aroukh 630, 1). Même des murs de pierre sont valides pour la souka, car seul le sekhakh doit avoir le caractère d’habitation temporaire, tandis que les parois peuvent appartenir à une habitation permanente. C’est ainsi que, en divers endroits, on avait l’usage d’ouvrir, à l’approche de Soukot, le plafond d’une des pièces de la maison, et d’y déposer un sekhakh valide. Cela formait une souka parfaite, où il faisait bon s’asseoir, y compris les jours froids.

A priori, il est bon de bâtir une souka d’un haut niveau de perfection halakhique, à quatre parois complètes, et de lui faire une entrée que l’on puisse refermer, afin que la souka soit confortable et protégée du soleil et du vent (cf. Rama 630, 5). Cependant, si l’on s’en tient à la stricte obligation, et puisque la souka est une habitation temporaire, il n’est pas obligatoire qu’elle ait quatre parois : il suffit qu’elle en ait trois. Et il n’est pas nécessaire que la troisième paroi soit entière : à s’en tenir à la stricte obligation, il suffit que la largeur en soit d’un téfa’h. Les sages précisent qu’il faut établir ce téfa’h à moins de trois téfa’h de la deuxième paroi, et que, dans la continuation de ce téfa’h, il faut installer une tsourat hapéta’h (« forme de portique », comme nous le verrons dans la note). Puisque cette règle est complexe, il est juste de recommander à ceux qui veulent être économes en matière de parois de la souka de bâtir deux parois complètes, et, pour la troisième, de prévoir une largeur de sept téfa’h (environ 56 cm). Alors, de toutes façons, même si la souka devait être grande, et même si les deux parois complètes ne devaient pas être adjacentes l’une de l’autre, mais se tenir l’une face à l’autre, la souka serait cachère, dès lors que la troisième paroi formerait une cloison de sept téfa’h de largeur (Rama 630, 3)[9].


[9]. Suivant la loi toranique, la souka doit posséder trois parois, et nous tenons comme halakha lé-Moché mi-Sinaï (loi toranique transmise oralement à Moïse au mont Sinaï) qu’il suffit que le troisième côté soit large d’un téfa’h (Souka 6b). Les sages, eux, prescrivent en Souka 7a que ce téfa’h soit élargi (c’est-à-dire que la paroi soit large de plus d’un téfa’h), et qu’on le fasse tenir à moins de trois téfa’h de l’une des autres parois. En effet, tout espace inférieur à trois téfa’h est considéré comme lavoud (« juxtaposé », « raccordé »), de façon que, dans la troisième paroi, se forme une cloison de quatre téfa’h complet, ce qui correspond à la majorité de la taille d’une cloison de petite souka. De plus, il faut délimiter, comme continuation de ce téfa’h, un espace appelé tsourat hapéta’h (« forme de portique »), d’une largeur de trois téfa’h, afin de porter la largeur de la troisième paroi à sept téfa’h. Selon d’autres, la forme de portique doit être d’une largeur de quatre téfa’h, car telle est la mesure d’une porte ; de façon qu’en pratique, avec cette forme de portique, la troisième paroi soit de huit téfa’h (Choul’han ‘Aroukh 630, Michna Beroura 9-10).Si deux parois se tiennent l’une face à l’autre : puisque entre elles la souka demeure ouverte de part en part, les sages enseignent qu’il faut une cloison large d’un peu plus de quatre téfa’h comme troisième paroi, et que l’on doit la placer à moins de trois téfa’h de l’une desdites parois. Les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir s’il faut, de plus, ménager une tsourat hapéta’h se poursuivant jusqu’à l’extrémité de cette paroi (Choul’han ‘Aroukh 630, 3). Selon le Rama, si le troisième côté consiste en une paroi de sept téfa’h, la souka est, de toute façon, valide, sans qu’il soit besoin de lavoud ni de tsourat hapéta’h. Toutefois, si la troisième paroi comporte une brèche de dix amot, il faudra lui faire une tsourat hapéta’h (Michna Beroura 630, 18).

 

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