08.Souka dont les parois sont des tentures de tissu (« souka perpétuelle »)

Dans les dernières générations, on a commencé à produire des soukot lanétsa’h (« perpétuelles »), c’est-à-dire des soukot dont le cadre est métallique et dont les parois consistent en tentures de toile épaisse (bâche en plastique). Ces soukot sont répandues parce qu’il n’est pas coûteux de les produire et de les commercialiser, qu’il est facile de les monter et de les démonter, et qu’il est commode de les entreposer. Toutefois, certains décisionnaires de notre temps ont émis des doutes sur leur validité, car à leur avis les parois de la souka doivent être stables ; mais quand le vent les fait bouger de-ci de-là, elles ne sont pas valides.

Néanmoins, en pratique, ces soukot sont cachères ; car toute la mise en garde des Richonim consiste à dire que, si les parois sont des tentures, elles doivent obligatoirement être fixées par en bas, faute de quoi, lorsque le vent soufflerait sur elles, elles se soulèveraient à trois téfa’h au-dessus du sol, et ne pourraient plus, dès lors, servir valablement de parois. Il serait même à craindre que le vent ne les détachât entièrement de l’endroit où elles sont fixées. Mais s’agissant des soukot nétsa’h, il n’y a pas lieu d’avoir cette crainte, puisque les tentures sont bien attachées de tout côté. Aussi ces soukot sont-elles cachères, et l’on peut réciter la bénédiction en y prenant place. Si l’on veut apporter à sa pratique un supplément de perfection, on y ajoutera des barres afin de créer une paroi par l’effet d’un lavoud [11].


[11]. En Souka 24b, il est expliqué que des parois faites de branchages et qui bougent au vent sont invalides ; aussi faut-il les renforcer afin qu’elles ne bougent pas. C’est ce que rapportent Maïmonide 4, 5 et le Choul’han ‘Aroukh 630, 10. Certains auteurs ont voulu conclure de cela que le mouvement de la paroi invalide celle-ci (Michkenot Ya’aqov, Ora’h ‘Haïm 123, Ye’havé Da’at III 46). Cependant leurs propos paraissent très difficiles à soutenir, car il n’est pas vraisemblable que l’on renforce des branchages au point qu’ils ne bougent plus du tout. C’est aussi ce que laissent entendre tous les Richonim qui commentent ce passage talmudique, et qui expliquent que la souka n’est invalidée que lorsqu’un vent habituel crée une brèche de trois téfa’h entre la paroi et le sol, disqualifiant ainsi la paroi. En ce cas, la paroi n’est pas valide, même quand il n’y a pas de vent. Mais s’il s’agit d’un simple mouvement qui n’entraîne pas d’ouverture, la paroi n’est pas invalidée. Cf. Har’havot, où l’on voit que c’est ce qui ressort des propos de Rabbi Saadia Gaon, du Méïri, du Rachba, du Hagahot Acheri et de Rabbi Yits’haq de Lunel. C’est aussi ce qui ressort explicitement des propos de Rabbénou Pérets – rapportés par le Tour et le Choul’han ‘Aroukh 630, 10 –, d’après qui ce n’est que lorsqu’il est à craindre que les tentures se détachent entièrement qu’il est juste de ne pas en faire des parois de souka. C’est aussi ce qu’écrivent le Mabit, Tosséphet Chabbat, Peri Mégadim, ‘Hazon Ich (Ora’h ‘Haïm 77, 6), Méloumdé Mil’hama 96.

Si l’on veut tenir compte de l’opinion rigoureuse, on fixera dans ces soukot des barres à une distance inférieure à trois téfa’h l’une de l’autre (22,8 cm), jusqu’à une hauteur de dix téfa’h (environ 80 cm), puisque tout intervalle de moins de trois téfa’h est considéré comme lavoud (joint). De cette manière, on disposera d’une paroi, indépendamment même des tentures.

Cependant, nombre de personnes se trompent en se fondant sur l’estimation de Rabbi Haïm Naeh, selon lequel trois téfa’h font 24 cm, alors qu’en réalité il s’agit de 22,8 cm ; or si l’intervalle est plus grand, il ne s’agit plus d’un lavoud (comme nous le voyons ci-dessus, note 1). Mais quoi qu’il en soit, leur souka reste cachère sans aucun doute, puisque la halakha est ici conforme à l’opinion indulgente.

 

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