07.Hauteur des parois et règle du lavoud

Comme nous l’avons vu (§ 1), la hauteur des parois doit être d’au moins dix téfa’h (environ 80 cm). Il faut les dresser près du sol, et s’il se crée un espace de trois téfa’h (environ 22 cm) entre le sol et les parois, celles-ci ne sont pas valides. En revanche, il n’y a aucune limitation s’agissant de l’espace séparant la paroi et le sekhakh, car la paroi est considérée comme si elle se prolongeait verticalement jusqu’au sekhakh (Choul’han ‘Aroukh 630, 9)[10].

Il est permis de faire des parois en dressant des barres ou en tendant des fils solides, de telle sorte que ces barres ou ces fils soient distants de moins de trois téfa’h l’un de l’autre : de cette façon, le statut de lavoud s’y applique. En d’autres termes, dès lors que moins de trois téfa’h (environ 22 cm) séparent une barre ou un fil de l’autre, tout l’espace inclus entre eux est considéré halakhiquement comme joint. Et bien que le vent et le soleil y pénètrent, les barres ou les fils sont considérés comme formant cloison. Peu importe que les barres ou fils soient placés verticalement ou horizontalement : tant qu’il y a moins de trois téfa’h entre eux, ils sont considérés comme joints. Toutefois, certains auteurs pensent que, puisqu’il s’agit là d’une cloison médiocre, elle doit entourer toute la souka, en ses quatre parois (Maguen Avraham ; bien entendu, la porte n’invalide pas la souka). Si la cloison est construite sur le mode « de la chaîne et de la trame », comme l’est une barrière grillagée dont on entoure les cours, cela n’est pas considéré comme une cloison médiocre, et il suffit donc d’en entourer deux parois et un téfa’h (comme nous l’avons vu au paragraphe précédent). Quoi qu’il en soit, il faut que la souka convienne pour manger et dormir sans désagrément, comme nous le verrons ci-après (§ 14).


[10]. Quand le sekhakh est circonscrit dans l’espace délimité par les parois de la souka : si la distance horizontale séparant la ligne verticale prolongeant l’extrémité supérieure de la paroi, d’une part, et le sekhakh d’autre part, est inférieure à trois téfa’h (environ 22 cm), le sekhakh est encore considéré comme juxtaposé à la paroi. Mais si, entre la ligne prolongeant l’extrémité supérieure de la paroi et le sekhakh, il y a un espace vide de trois téfa’h, la souka n’est pas valide, car il n’y a pas de jonction entre le sekhakh et les parois (Choul’han ‘Aroukh 630, 9). Même quand la paroi est penchée, on prolonge son extrémité par une ligne verticale, et non selon l’angle déterminé par l’inclinaison de la paroi ; de là, on mesure la distance séparant la cloison du sekhakh (cf. ‘Hazon Ich, ‘Erouvin 71, 6).

Si le sekhakh se prolonge au-delà de l’espace délimité par les parois, la souka est valide.

Paroi courbe : nous tenons comme halakha lé-Moché mi-Sinaï que, s’il y a du sekhakh non valide d’un côté de la souka, sur une longueur inférieure à quatre amot, ce sekhakh invalide est regardé comme la continuation de la paroi, de sorte que l’on considère la paroi comme « courbe » (dofen ‘aqouma). Si le sekhakh invalide s’étend sur plus de quatre amot (environ 1,80 m), la paroi est invalidée, car on ne la considère plus comme courbe à partir de quatre amot, et le sekhakh invalide fait écran entre la paroi et le sekhakh. Par conséquent, si l’on a retiré une partie du toit d’une maison, que l’on ait installé du sekhakh à l’endroit de l’ouverture, et qu’il reste du plafond alentour moins de quatre amot, les murs de la maison seront considérés comme les parois de la souka. Mais s’il reste du plafond alentour quatre amot ou davantage, les murs ne sont pas considérés comme des parois courbes, et il faut installer des parois qui entoureront l’emplacement du sekhakh (Souka 17a, Choul’han ‘Aroukh 632, 1).

Il n’est pas nécessaire que la paroi arrive jusqu’au sekhakh : dès lors qu’elle mesure dix téfa’h au moins, elle est valide, et l’on considère qu’elle monte en droite ligne jusqu’au sekhakh. Ce principe est appelé goud assiq me’hitsata [litt. « tire et monte les cloisons ! »]. Les décisionnaires sont partagés quant au cas où la paroi ne parvient pas jusqu’au sekhakh, et où, de plus, il y a là du sekhakh invalide dans une mesure inférieure à quatre amot. Doit-on, dans ce cas, cumuler les deux principes, « tire et monte les cloisons » et « paroi courbée » ? (Michna Beroura 632, 4).

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