10. Coutumes de lecture de Chenaïm miqra vé-é’had targoum

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Certains ont coutume de lire Chenaïm miqra vé-é’had targoum le vendredi, et s’efforcent de ne pas s’interrompre, du début de cette lecture à la fin de la paracha (Rabbi Isaac Louria, Chené Lou’hot Haberit, Kaf Ha’haïm 285, 3 et 15). D’autres ont coutume de lire chaque jour l’une des sept parties (alyot) de la paracha, et achèvent le Chabbat la lecture de l’ensemble (Gaon de Vilna, Michna Beroura 285, 8). Quoiqu’il en soit, dès lors que l’on a lu, dans la semaine, deux fois la paracha et le targoum une fois, on est quitte.

A priori, on lit le texte biblique deux fois, suivi de sa version araméenne. Selon l’usage de Rabbi Isaac Louria, on lit d’abord deux fois chaque verset, immédiatement suivi de sa version araméenne, puis on passe au verset suivant. Selon l’usage du Chené Lou’hot Haberit et du Gaon de Vilna, on lit d’abord chaque paragraphe (parachia) deux fois dans son original, puis sa traduction araméenne. Ce qu’on entend par paragraphe est ce que l’on peut distinguer, dans le rouleau de la Torah, en tant que paragraphe distinct, délimité par un espace : paracha petou’ha (« paragraphe ouvert »)[j] ou paracha setouma (« paragraphe fermé »)[k]. Les deux coutumes sont bonnes (Michna Beroura 285, 2 ; Kaf Ha’haïm 3).

A posteriori, l’ordre dans lequel on lit n’est pas un motif d’invalidité, et si l’on a lu le texte biblique une fois, puis son targoum, puis de nouveau l’original biblique, on est quitte (Levouch, ‘Aroukh Hachoul’han 285, 3). De même, si l’on a lu la paracha dans le désordre, en lisant la fin avant le début, on est quitte : l’essentiel est de lire tous les versets deux fois, et leur traduction araméenne une fois. Dans le même sens, si l’on enseigne la paracha de la semaine à des enfants, on est dispensé de lire Chenaïm miqra vé-é’had targoum, car il est certain qu’en enseignant, on aura lu chaque verset deux fois au moins, et on l’aura expliqué (Choul’han ‘Aroukh 285, 6).

Si l’on n’a pas eu le temps de lire Chenaïm miqra vé-é’had targoum avant que ne soit lu le rouleau de la Torah, le Chabbat matin, on est autorisé, si l’on s’en tient à la stricte obligation, à réciter par devers soi l’ensemble de Chenaïm miqra vé-é’had targoum, au moment de la lecture (Choul’han ‘Aroukh 285, 5). Toutefois, certains décisionnaires disent qu’il n’est pas bon de procéder ainsi ; aussi est-il préférable de lire à voix basse la paracha, concurremment avec le lecteur, ce qui sera considéré comme une première lecture de l’original biblique (Michna Beroura 285, 14). Si l’on a seulement écouté la lecture, sans avoir lu les mots à voix basse en même temps que le lecteur, les A’haronim sont partagés quant au fait de savoir si cette écoute peut être considérée comme une première lecture (Michna Beroura 285, 2).

Celui qui étudie la paracha avec le commentaire de Rachi, et à qui il est plus aisé de lire un paragraphe entier du texte biblique avant de reprendre verset par verset avec le commentaire, peut procéder ainsi. Simplement, les versets qui ne sont pas commentés par Rachi devront être lus une fois supplémentaire, afin qu’ils soient lus en tout trois fois. Si l’on préfère, on pourra lire d’abord deux fois les versets bibliques accompagnés du commentaire de Rachi, puis, au moment de la lecture publique de la Torah, lire à voix basse toute la paracha, concurremment avec le lecteur : cette récitation supplémentaire tiendra lieu de troisième lecture pour les versets non commentés par Rachi.

Les femmes sont dispensées de l’obligation de la lecture de la Torah et de la lecture de Chenaïm miqra vé-é’had targoum. Si elles souhaitent cependant s’associer à la lecture de la Torah, et étudier la paracha de la semaine, ce leur est compté comme une mitsva (La Prière juive au féminin 2 § 10).


[j] Quand le paragraphe commence en début de colonne, et que l’espace qui le sépare du paragraphe précédent équivaut à neuf lettres au moins.

 

[k] Paragraphe commençant généralement en milieu de ligne, séparé du précédent par un espace, qui équivaut lui aussi à neuf lettres au moins.

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