01. L’honneur dû au jour

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Comme les Chabbats et les fêtes, le jour de Kipour est, lui aussi, appelé « convocation sainte » (miqra qodech), ainsi qu’il est dit : « Cependant, le dix du septième mois est le jour des expiations (Yom hakipourim), ce sera pour vous une convocation sainte » (Lv 23, 27). S’agissant des Chabbats et des jours de fête, la mitsva consiste à se délecter du jour et à l’honorer, ainsi que l’enseignent nos sages (Sifra, Emor 12, 4) « Par quoi sanctifies-tu ce jour ? Par la nourriture, par la boisson et par une tunique propre » (Maïmonide, Yom tov 6, 16 ; Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 529, 1). Mais le jour de Kipour, où l’on doit jeûner, ce qui demeure de la mitsva de sanctifier le jour est de l’honorer par des vêtements propres. Comme l’enseignent les sages au traité Chabbat 119a, le verset dit, au sujet de Kipour : « Le jour saint de l’Éternel, digne d’honneur[a] » (Is 58, 13). « Car ce jour est dépourvu de repas et de boisson. La Torah prescrit donc : honore-le par une tunique propre » (Rif et Roch sur Yoma 8, 9).

Nombreux sont ceux qui, le jour de Kipour, ont coutume de porter des vêtements blancs, beaux et honorables, à la manière des anges de service. Car à Kipour, nous ne sommes pas entraînés par les passions corporelles, et nous sommes nets de faute, comme les anges de service. De même, de nombreuses femmes ont coutume de porter des vêtements blancs ; et même celles qui ne s’habillent pas en blanc ont coutume de ne point se parer de bijoux ni de vêtements ornés d’accessoires, à Kipour, en raison de la crainte qu’inspire le jour du jugement (Mordekhi, Rama 610, 4 ; Michna Beroura 16-17). De nombreux hommes d’origine ashkénaze ont coutume de porter un kitel, tunique blanche qui fait allusion à deux notions. La première est d’être vêtu à l’exemple des anges de service ; la seconde est de rappeler le linceul mortuaire : par cela, le cœur se brise, se soumet et s’éveille à la téchouva. Quand on porte le kitel, on ne va pas aux toilettes pour y faire ses « grands besoins », car ce vêtement est particulier à la prière ; mais il est permis de le garder pour ses « petits besoins » (Maté Ephraïm 12 ; Michna Beroura 18).

C’est une mitsva que de nettoyer la maison en l’honneur de Kipour, et d’étendre une belle nappe sur la table, comme on en a l’usage à l’approche de Chabbat (Mordekhi, Rama 610, 4 ; ‘Aroukh Hachoul’han 2). Et c’est une mitsva que de se laver, en l’honneur de Kipour, comme on le fait à l’approche de Chabbat. Certains ont également l’usage de s’immerger au miqvé (bain rituel ; cf. ci-dessus, chap. 5 § 10).

C’est une mitsva que de nettoyer la synagogue, et de l’apprêter, à l’approche de Kipour, de la façon la plus belle et la plus honorable. De même, c’est une mitsva que d’allumer toutes les lumières de la synagogue en l’honneur du jour, ainsi qu’il est écrit : « Aussi, par des lumières, honorez l’Éternel » (Is 24, 15 ; Choul’han ‘Aroukh 210, 3-4, Michna Beroura 9).

À la différence du jeûne du 9 av (tich’a bé-av), où l’on ne respire pas de parfums – en raison du deuil pour la destruction du Temple (Choul’han ‘Aroukh 559, 7, Cha’ar Hatsioun 556, 1) – on a coutume, à Kipour, de respirer des parfums et de prononcer la bénédiction qui s’y rapporte ; car ce jour est considéré comme jour de fête (Yom tov) ; or tout ce qui contribue à l’honorer, du moment que cela n’est pas interdit au titre des mortifications propres au jeûne, c’est une mitsva que de le faire.


[a]. Si l’on s’en tient au sens obvie du verset d’Isaïe, c’est du Chabbat qu’il est question ; mais l’élaboration talmudique (dracha) rapporte ce passage au jour de Kipour.

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