16. Bénédiction des cohanim lors de l’office de Né’ila

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Si l’on s’en tient à la stricte règle, il conviendrait que les Cohanim (les prêtres) procèdent à la bénédiction sacerdotale lors de toute répétition (‘hazara) de la ‘Amida faite par l’officiant. Cependant, les sages ont décidé qu’il ne serait point procédé à cette bénédiction à Min’ha, car cette prière a lieu après le repas de midi, et il est à craindre que les Cohanim ne boivent du vin lors de ce repas, et ne fassent cette bénédiction alors qu’ils se trouvent sous l’effet de la boisson, transgressant ainsi un grave interdit. Mais lors d’un jeûne où a également lieu un office de Né’ila, comme c’est le cas à Kipour, ou lors d’un jeûne fait pour demander la pluie, il n’est pas à craindre que les prêtres ne se trouvent sous l’effet de la boisson ; par conséquent, ils procèdent à la bénédiction sacerdotale (birkat cohanim) lors de l’office de Né’ila (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 129, 1 ; Pniné Halakha, Zemanim – Fêtes et solennités juives I 7, 12, note 16).

Certains disent que, même à l’office de Min’ha de Yom Kipour, on procède à la birkat cohanim ; en effet, puisque tout le monde jeûne, l’ébriété n’est pas à craindre. Et puisque le moment de Min’ha de Kipour est proche du soir, cet office diffère, en son temps, de ce qu’il est le reste de l’année ; toute l’année, en effet, on peut faire Min’ha du milieu du jour au coucher du soleil, tandis que, le jour de Kipour, l’heure de Min’ha est l’approche du soir, peu avant la Né’ila (Halakhot Guedolot). Mais la majorité des Richonim sont d’avis qu’il n’y a pas lieu de faire la birkat cohanim à l’office de Min’ha de Kipour : puisque le moment où cet office est célébré ne précède pas immédiatement le coucher du soleil – comme c’est le cas de la Né’ila –, on risque de se tromper, et d’en inférer qu’il est également permis de procéder à la birkat cohanim à Min’ha des jours ordinaires (Rav Amram). En pratique, on n’y procède pas à Min’ha ; mais si un cohen a pris place sur l’estrade, il n’en descendra pas : il procèdera à la bénédiction des cohanim (Maïmonide, Choul’han ‘Aroukh 129, 1-2 ; 622, 4 ; 623, 5).

Il faut programmer l’office de Né’ila de telle sorte que les cohanim puissent procéder à la bénédiction avant le coucher du soleil, car, selon de nombreux avis, la birkat cohanim doit se faire de jour ; en effet, son statut est comparable à celui du service sacrificiel : de même que les sacrifices sont offerts de jour, ainsi la bénédiction sacerdotale a-t-elle lieu de jour (Michna Beroura 623, 8). Or, puisqu’il s’agit d’une mitsva toranique, on abrège la récitation des poèmes liturgiques (piyoutim) et des supplications (te’hinot), afin d’avoir le temps de faire la bénédiction sacerdotale avant le coucher du soleil. Toutefois, a posteriori, on peut y procéder pendant toute la durée du bein-hachmachot (période séparant le coucher du soleil de l’apparition des étoiles), puisqu’il est encore douteux que la nuit soit tombée[14].


[14]. Il est permis, a posteriori, de procéder à la Birkat cohanim jusqu’à la tombée de la nuit (tset hakokhavim, apparition des étoiles), car en la matière plusieurs doutes s’associent : a) selon le Raavia, le Yeréïm et le Or Zaroua’, il est permis de faire la bénédiction des cohanim la nuit ; b) la période de bein hachmachot (crépuscule) est douteuse : peut-être se rattache-t-elle au jour ; c) selon Rabbénou Tam, le temps qui suit le coucher du soleil (cheqi’a) appartient assurément au jour. C’est aussi en ce sens que tranche le Choul’han ‘Aroukh 623, 8, et c’est en ce sens qu’incline à penser le Cha’ar Hatsioun 623, 10. C’est aussi ce qu’écrit le Pisqé Techouvot 623, note 13, au nom du Rav Chelomo Zalman Auerbach et du Rav Yossef Chalom Eliashiv, ainsi que le Ye’havé Da’at VI 40 et le Or lé-Tsion II 8, 13, qui précisent que la tombée de la nuit a lieu 13,5 minutes après le coucher du soleil [temps minimal pendant lequel on considère que le jour se poursuit, quand il s’ensuit une plus grande rigueur] Cf. Har’havot sur Pniné Halakha – Chabbat 3, 1, 14, où il est dit que ce délai est d’au moins 14 minutes à Jérusalem, et de près de 19 minutes au niveau de la mer, à Tel Aviv.

Selon certains, un cohen qui ne jeûne pas ne prendra point part à la Birkat cohanim ; et même si aucun autre cohen n’est présent, il n’y procédera pas (Kaf Ha’haïm 129, 5, Torat Hamo’adim 3, 4). Selon d’autres, il y prendra part de toute façon (Loua’h Erets Israël, Halikhot Chelomo – Téphila 10, 13).

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