11. Âge du mariage pour les femmes, de nos jours

Dans les derniers siècles, quand la situation économique s’améliora et devint plus stable, et qu’il n’y eut plus de nécessité de marier les filles durant leur enfance pour garantir leur subsistance, cet usage cessa totalement dans la majorité des pays (‘Aroukh Hachoul’han 37, 33). Et du moment que le mariage ne se faisait plus qu’après leur accession à l’âge des mitsvot et à la survenance de la puberté – en général, entre treize et seize ans –, la décision finale, à cet égard, leur revenait. Un rôle très important restait cependant dévolu aux parents : celui d’aider leurs filles à choisir un époux, et de payer leur dot, qui devait équivaloir au dixième de leurs biens. Mais la décision même de se marier et de recevoir les qidouchin revenait aux jeunes filles.

De nos jours, avec l’élévation du niveau de vie et la possibilité qu’ont les femmes d’exprimer leurs talents dans différents domaines, l’âge du mariage des jeunes filles est devenu plus tardif. Il y a à cela deux raisons : premièrement, puisque les jeunes filles peuvent manifester leurs dons dans de nombreux domaines, il leur est obligatoire d’étudier davantage la Torah et de se perfectionner dans la profession qui leur convient, afin qu’elles puissent ajouter bienfait et bénédiction dans le monde. Deuxièmement, jadis, les jeunes couples vivaient dans un cadre familial élargi, et, même jeunes, les adolescentes pouvaient avoir des enfants, que les femmes plus âgées de la famille aidaient à éduquer. Mais de nos jours, où les jeunes couples construisent leur vie dans le cadre restreint qui leur est propre, l’âge du mariage est repoussé au moment où la jeune fille devient capable d’exercer la responsabilité des soins à apporter à ses enfants.

En tout état de cause, l’âge du mariage convenant aux filles précède un peu celui des garçons. En effet, les filles parviennent plus tôt à l’adolescence – de la même façon qu’elles accèdent un an plus tôt à l’obligation d’accomplir les mitsvot : douze ans, au lieu de treize chez les garçons. Par ailleurs, la mitsva d’étudier la Torah requiert, pour elles, un moins grand investissement que pour les garçons. De plus, l’obligation militaire incombe aux hommes. En revanche, s’agissant des revenus de la famille, les femmes sont, de nos jours, les associées des hommes. Bien plus : quand une femme parvient à terminer l’apprentissage de sa profession avant son mari, elle peut, au début de la vie commune, porter la partie principale du joug économique, et permettre ainsi à son mari d’acquérir un métier qui lui convienne. Un tel modèle permet de hâter l’âge du mariage.

En conclusion, l’âge convenant de nos jours au mariage est, pour les garçons, entre vingt et vingt-quatre ans, et, pour les filles, d’environ deux ans avant cela.

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