18. Pilule hormonale et stérilet

La pilule contraceptive est conçue pour être avalée chaque jour. Elle contient des hormones qui préviennent l’ovulation, ou préviennent la fixation des ovules dans l’utérus. Il est également possible d’administrer ces hormones par le biais d’un patch, actif pendant une semaine, ou d’un anneau à installer à l’intérieur du vagin, actif pendant trois semaines. L’avantage des méthodes contraceptives hormonales est qu’elles sont faciles à suivre, et que l’on peut décider d’y recourir pour une durée d’un mois seulement, aussi bien que pendant des années. Un intérêt supplémentaire réside dans le fait que, en prolongeant leur utilisation, on peut prolonger significativement la période de pureté ; car tant que la femme continue de recevoir ces hormones, ses règles ne viennent pas. Par conséquent, si la période de pureté dure en général de deux à trois semaines par cycle, la prise d’hormone permet de la porter à un mois et demi ou davantage. De cette manière, on peut également programmer la période d’impureté d’une façon qui convienne aux époux. Toutefois, il ne faut pas recourir à ces moyens, de façon prolongée, sans autorisation médicale.

L’inconvénient est que, dans de nombreux cas, les hormones entraînent des effets indésirables, tels que la mauvaise humeur, la prise de poids, une inhibition du désir d’accomplir la mitsvat ‘ona. Cependant, comme il existe de nombreuses sortes de pilule, on peut, avec les conseils d’un médecin, en essayer plusieurs jusqu’à ce qu’on trouve celle qui convienne le mieux, et diminuer de beaucoup les effets indésirables. Un autre problème est que certains suspectent la pilule d’être cancérigène. Néanmoins, l’avis le plus répandu, aujourd’hui, parmi les médecins, est qu’il n’y a pas là de risque tel qu’il faille le prendre en compte ; certains prétendent même que les hormones réduisent le risque de contracter certaines maladies. Autre problème présenté par cette méthode : elle provoque parfois des saignements causant l’impureté. En général, le changement de pilule est à même de résoudre le problème.

Pendant les périodes d’allaitement, il faut prendre une pilule spéciale, qui ne porte pas atteinte à l’allaitement ; cependant, les saignements causés par ce type de pilule sont plus fréquents. En général, la prise d’une demi-pilule supplémentaire par jour suffit à faire cesser les saignements ; mais s’ils se poursuivent, on est contraint de trouver une autre solution (cf. note 17).

Le stérilet est installé par un médecin à l’intérieur de l’utérus. D’une manière encore inexpliquée, il empêche la fixation de l’ovule sur la muqueuse de l’utérus. L’avantage du stérilet est qu’il ne présente pas les effets indésirables liés aux hormones ; il ne présente pas non plus les risques que certains imputent aux hormones, et il n’est pas nécessaire, contrairement à la pilule, de se souvenir chaque jour de se l’administrer. Aussi, de nombreuses femmes préfèrent recourir au stérilet, plutôt qu’à la contraception hormonale.

L’inconvénient est que son installation doit être faite par un médecin, et son coût est assez élevé. Aussi l’utilise-t-on, d’ordinaire, un an ou plus. Autre inconvénient important : le stérilet est susceptible de causer des saignements prolongés dans les mois proches de son installation ; même ensuite, il entraîne la prolongation du cycle d’un à trois jours, et raccourcit ainsi le nombre des jours de pureté. Si le stérilet n’a pas été correctement placé, il risque de provoquer des saignements, jusqu’à son remplacement[18].


[18]. Quand, après la fin des règles, la femme constate un nouveau saignement, que les médecins estiment être causé par le stérilet, les décisionnaires sont partagés quant au statut de ce sang. Certains sont indulgents, parce que la femme, après l’achèvement de ses règles, est présumée messouléqet damim (exempte de sang menstruel) ; le sang trouvé a même statut que le sang d’une plaie, puisque son écoulement a été causé par le stérilet (Taharat Habaït I 5, 10, Dibrot Elyahou 6, 36). D’autres sont rigoureux, car il n’est pas impossible qu’il s’agisse de sang menstruel (Chi’ouré Chévet Halévi 187, fin du chiffre 5). On peut encore arguer que tout ce qui sort de l’utérus est cause d’impureté. Certains décisionnaires considèrent un tel saignement comme un élément douteux, que l’on peut associer à d’autres doutes, comme motif supplémentaire d’indulgence (Ahola Chel Torah I 24). Il semble qu’il faille considérer un tel saignement comme une tache, de façon que, si sa dimension est inférieure à un griss (« grain de gruau »), ou qu’il se rencontre sur un vêtement coloré, le sang est pur. S’il s’agit d’un stérilet qui sécrète également des hormones, on ne peut être indulgent, car il se peut que ce soient les hormones qui aient causé des saignements de nature menstruelle.

Mais quand, à cause du stérilet, la durée du saignement menstruel se prolonge, et bien qu’il soit certain que ce soit le stérilet qui ait causé cela, il n’y a pas de possibilité d’indulgence, puisqu’il est difficile de distinguer entre le sang menstruel et le saignement causé par le stérilet.

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