12. Remuer, mélanger

https://ph.yhb.org.il/fr/01-10-12/

Mélanger la nourriture contenue dans une casserole améliore sa qualité. Aussi, quiconque remue, pendant Chabbat, un plat qui n’a pas achevé sa cuisson, transgresse un interdit toranique. Dans le langage de nos sages, cet acte de mélange est nommé méguis (« il remue »). Même si le plat n’est pas sur le feu, tant que sa cuisson n’est pas achevée et que sa température atteint le degré de yad solédet bo, la Torah interdit de le remuer. De même, nos maîtres interdisent d’extraire des aliments d’une marmite dont le contenu n’est pas encore prêt à la consommation (c’est-à-dire que le mets n’est pas encore mévouchal kol tsorko, « cuit à sa suffisance »), car cela imprimerait un mouvement à l’intérieur de la marmite, qui serait constitutif de l’acte de remuer. Même après que l’on a ôté la marmite de la plaque chauffante, dès lors que la cuisson du plat n’est pas encore achevée, il est interdit d’en retirer quelque morceau. Ce n’est qu’après le refroidissement du plat, quand sa température sera descendue en-deçà de yad solédet bo, qu’il sera permis d’en prendre les parties souhaitées.

Mais après l’achèvement de la cuisson, quand le plat est propre à être consommé, l’interdit de cuisson ne s’applique plus, et il devient permis de retirer de la marmite le morceau que l’on désire[g] (Choul’han ‘Aroukh 318, 18). Tel est l’usage de nombreux Séfarades. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas lieu de remuer le plat tant qu’il est sur le feu[h], car cela ressemblerait à l’acte de cuire (Yalqout Yossef 318, 43).

La coutume des Ashkénazes et d’une partie des Séfarades est d’être plus rigoureux : tant que le plat est posé sur la plaque chauffante, même si sa cuisson est achevée, on n’en extrait a priori aucune partie. On retire d’abord la marmite de la plaque, puis on extrait à la louche les morceaux désirés. Si l’on veut ensuite remettre la marmite sur la plaque, il faut veiller à l’application des principes de la ha‘hzara (replacement), que nous étudierons au paragraphe 19.

En cas de besoin, ceux-là même qui sont rigoureux permettent d’extraire des aliments d’un plat dont la cuisson est achevée et qui se trouve encore sur le feu. Par exemple, nous verrons que, quand une marmite est placée sur un feu qui n’est pas couvert, il devient interdit, dès lors que l’on ôte cette marmite du feu, de l’y replacer (§ 19). Dans un tel cas, il est permis d’extraire des morceaux de la marmite alors que celle-ci est encore sur le feu. En effet, l’opinion principale, en halakha, est celle selon laquelle, dès lors que la cuisson est achevée, l’interdit de méguis ne s’applique plus (‘Hazon Ich 37, 15 ; Chemirat Chabbat Kehilkhata 1, 38). Quant à l’eau, tous les avis admettent qu’il est permis d’en extraire de la bouilloire placée sur la plata (Chemirat Chabbat Kehilkhata 1, 39)[11].


[g]. Même si la marmite se trouve encore sur la plaque.

 

[h]. Même si la cuisson est terminée.

[11]. Ceux qui soutiennent la position rigoureuse ont coutume de tenir compte de l’opinion du Kolbo, qui estime que, tant qu’une casserole est posée sur une source de chaleur, qu’il s’agisse d’un feu ou d’une plaque, il est interdit toraniquement d’en remuer le contenu. Bien que les propos du Kolbo prêtent à interrogation, et que les autres Richonim ne s’accordent pas avec lui sur ce point, on tient compte a priori de son avis. C’est ce qu’écrivent le Rav Pe’alim III 45 et le Or lé-Tsion II 30, 15. (Peut-être tient-on compte de ses paroles en raison du fait que le remuement ressemble au fait de cuire.)

Ce contenu a été publié dans Chapitre 10 - Cuisson (bichoul). Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.