04. Femmes enceintes, femmes qui allaitent

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Nous avons vu que l’une des différences entre les jeûnes courts et celui du 9 av est que les femmes enceintes et celles qui allaitent sont dispensées des premiers et sont tenues au second (chap. 7 § 8). La raison en est que, le 9 av, seuls les malades sont dispensés, tandis que les femmes enceintes et celles qui allaitent, bien qu’elles souffrent de différentes indispositions, ne sont pas considérées comme malades (Choul’han ‘Aroukh 554, 5). Toutefois, si elles souffrent d’une faiblesse particulièrement grande, leur statut devient semblable à celui des malades, qui sont dispensés du jeûne du 9 av.

Par exemple, une femme enceinte qui souffre beaucoup de vomissements et de vertiges, est considérée comme malade et dispensée de jeûner. De même, une femme enceinte qui souffre de grande faiblesse – par exemple si elle est anémiée (moins de 10 g d’hémoglobine), est dispensée du jeûne. Bien entendu, il ne faut pas jeûner quand il est à craindre que le jeûne cause une fausse-couche. Celle qui doute de pouvoir être considérée comme malade commencera à jeûner, puis, si elle éprouve une grande faiblesse, ce sera le signe qu’elle est passée du cas normal de femme enceinte à celui de malade ; elle mangera et boira alors[5].

Comme nous l’avons vu, la femme qui allaite a l’obligation de jeûner le 9 av, et bien que le jeûne lui soit plus difficile – car l’allaitement entraîne une perte supplémentaire de liquide –, elle n’est pas pour autant considérée comme malade. Le bébé non plus ne souffre pas du jeûne de sa mère ; en effet, si le lait de sa mère ne diminue pas en quantité les jours de jeûne, il est évident que le bébé ne sentira rien ; et si sa mère a moins de lait, elle pourra lui ajouter de l’eau édulcorée ou de la bouillie, de sorte qu’il ne souffrira pas du jeûne[6]. Le bon conseil que l’on peut donner à la majorité des femmes dont le lait diminue les jours de jeûne est d’alterner allaitement et biberons. Par exemple, si une femme allaite toutes les trois heures, elle pourra allaiter le matin à 10 heures, puis, à 13 h elle donnera un substitut de lait ; elle allaitera de nouveau à 16 h, et donnera de nouveau un substitut de lait à 19 h. Ainsi, elle ne souffrira pas tellement du jeûne, et son lait ne diminuera pas. Si elle ressent, pendant le jeûne, un affaiblissement tel qu’elle passe pratiquement du statut de femme allaitante à celui de malade, il lui sera permis de manger et de boire.


[5]. Les jours particulièrement chauds, certains enseignent que, si la femme enceinte souffre, elle est dispensée du jeûne (Rav Chelomo Zalman Auerbach). Certains sont plus indulgents encore, et dispensent toutes les femmes enceintes, en raison du vent chaud ou en raison de la faiblesse qui s’abat sur le monde (comme le rapporte le Halikhot Beitah 25, note 3). Toutefois, nous avons retenu, en pratique, la ligne halakhique telle qu’elle ressort de la Guémara Pessa’him 54b, du Choul’han ‘Aroukh et des A’haronim. Cf. Torat Hamo’adim 7, 3, Pisqé Techouvot 554, 5, Hilkhot ‘Hag Be’hag 7, 4, Torat Hayolédet 48, 4, 6.

[6]. Quand le bébé ne se nourrit que du lait de sa mère, que ce lait va en diminuant au cours du jeûne, et qu’elle ne réussit pas à lui faire boire des biberons de substitut de lait ou d’eau édulcorée, elle arrêtera son jeûne afin de pouvoir allaiter son enfant comme il convient. De même, quand il est à craindre que, à la suite du jeûne, son lait ne se tarisse et qu’elle ne puisse plus allaiter, elle ne jeûnera pas. Selon le Torat Hayolédet 48, 4, elle boira par petites quantités, inférieures chaque fois à la mesure de mélo lougmav, puisqu’elle n’est pas malade, et elle doit boire pour les seuls besoins du bébé.

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