21. Règles applicables aux enfants

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De même que pour toutes les mitsvot, on a l’obligation d’éduquer les jeunes enfants à pratiquer celles qui sont propres au 9 av et au deuil pour la destruction du Temple.

Mais en raison de leur faiblesse, il est impossible de faire jeûner les enfants. Ce n’est qu’à partir de neuf ans que l’on a l’usage de leur apprendre à jeûner quelques heures du jour, en fonction de leur force. Mais ils ne jeûneront pas toute la journée (Rabbi Mena’hem Azaria da Fano 111 ; cf. Kaf Ha’haïm 554, 23). Quand on fait manger les jeunes enfants, on ne leur donne que des aliments simples, afin de les éduquer à s’associer au deuil de la communauté (Michna Beroura 554, 5). Nombreux sont ceux qui ont l’usage d’apporter à cela un supplément de perfection, en apprenant aux enfants parvenus à l’ « âge de l’éducation » (guil ‘hinoukh), c’est-à-dire six ans, à ne pas manger ni boire durant la nuit du jeûne.

À partir de l’ « âge de l’éducation », c’est-à-dire à partir du moment où l’enfant commence à comprendre ce que signifient la destruction du Temple et le deuil, ce qui correspond à peu près à six ans, on apprend à l’enfant à ne pas porter de sandales, ni de chaussures qu’il est d’usage de porter dans la rue, et avec lesquelles on marche sur des pierres. On leur apprend aussi à ne pas s’oindre ni se laver pour le plaisir. Certains ont l’usage d’être rigoureux en ce qui concerne le port de chaussures : ils n’en font pas porter à leurs enfants, dès l’âge de deux ou trois ans. Bien que ces très jeunes enfants ne comprennent pas le sens du deuil, cette pratique exprime notre propre affliction face à la destruction du Temple, affliction telle que nous associons même les très petits enfants, dans une certaine mesure, au deuil[29].

De même qu’il est interdit aux adultes d’étudier la Torah, parce que celle-ci réjouit le cœur, et que seules les choses tristes, liées à la destruction du Temple et aux règles du deuil, peuvent être étudiées en ce jour (cf. § 10), de même les adultes qui voudraient enseigner la Torah aux enfants sont seulement autorisés à leur apprendre des notions liées à la destruction et au deuil. Selon certains auteurs, il est même interdit aux adultes d’enseigner aux enfants des sujets liés à la destruction et aux lois du deuil, car, lorsqu’il enseigne à l’enfant, l’adulte se réjouit. Il n’est permis que de lui raconter la destruction du Temple (Michna Beroura 554, 2 ; cf. Kaf Ha’haïm 8). Puisque ces deux opinions sont aussi convaincantes l’une que l’autre, chacun est autorisé à choisir quel usage adopter. Suivant toutes les opinions, il est permis à l’enfant d’étudier par lui-même tous les sujets permis à l’adulte[30].


[29]. Certes, s’agissant de Kipour, le Choul’han ‘Aroukh 616, 1 décide que les petits enfants s’abstiennent seulement du port de chaussures [par opposition aux autres abstentions], car le respect de cet interdit n’entraîne pas une grande souffrance. Il est en revanche permis de les laver et de les oindre. Toutefois, cette permission s’explique par le fait que, jadis, on avait l’usage de laver et d’oindre les petits enfants pour aider à leur croissance. Mais de nos jours, où l’on a perdu cet usage, il semble aussi interdit de les laver et de les oindre que de leur faire porter des chaussures. Telle est la position du Nit’é Gavriel 69, 2 ; 73, 3.

Toutefois, le ‘Hokhmat Adam 152, 17 estime que, le 9 av, il n’est pas même nécessaire d’éduquer les petits enfants à s’abstenir de chaussures. En effet, selon lui, ce n’est qu’à Kipour qu’on éduque à cela les petits, tandis que le 9 av et les jours de deuil, puisque la chose entraîne un peu de souffrance, il n’est pas nécessaire de les y éduquer. Mais selon le Maguen Avraham 551, 38, on éduque les enfants au deuil de la collectivité. C’est en ce sens que se prononce le Michna Beroura 551, 81, qui précise qu’il y a deux raisons à l’interdit de couper les cheveux aux enfants : premièrement, une raison éducative ; de ce point de vue, l’interdit n’a lieu de s’appliquer qu’à partir de six ans ; mais deuxièmement, une raison tenant à l’affliction des adultes, de sorte que les enfants, eux aussi, sont sujets à l’interdit avant l’âge de six ans. (Selon le Pisqé Techouvot 554, 15, tout le monde s’accorde à dire, quoi qu’il en soit, qu’il n’est pas nécessaire d’être rigoureux avant l’âge de deux ou trois ans).

[30]. Les enfants qui comprennent ce qu’on leur enseigne sont autorisés à apprendre des sujets tristes (comme le disent le Baït ‘Hadach, le Touré Zahav et d’autres). Quand certains auteurs disent que l’on n’enseigne pas les petits, ils ne visent que le programme habituel de leur étude. Selon le Maguen Avraham, on ne leur enseigne même pas les thèmes tristes, mais il est permis de leur raconter la destruction du Temple. Cf. Hilkhot ‘Hag Be’hag 7, 42, Torat Hamo’adim 8, 20.

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