14. Travailler

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Nos sages enseignent : « Quiconque se livre au travail le 9 av n’en verra jamais de signe de bénédiction » (Ta’anit 30b). La raison en est que le travail détourne l’esprit du deuil. Toutefois, il n’y pas de décret explicite des sages interdisant de travailler le 9 av : dans certains localités, on avait l’usage de l’interdire, dans d’autres, on avait l’usage de l’autoriser. Nos sages disent que l’usage local oblige ; donc, en un lieu où l’on a coutume de ne pas travailler le 9 av, il est interdit de travailler (Pessa’him 54b). Or tout le peuple juif a pris l’usage de ne point travailler, le 9 av, jusqu’au midi solaire (‘hatsot). Même après midi, il est juste de s’abstenir de travailler, afin de ne pas détourner son esprit du deuil ; ce n’est donc qu’en cas de grande nécessité que l’on travaille après le midi solaire (cf. Choul’han ‘Aroukh et Rama 554, 22 et 24, Michna Beroura 49).

Les travaux interdits à tich’a bé-av sont ceux dont l’accomplissement requiert une application continue de l’esprit dans le temps, et qui occupent l’esprit. C’est le cas, par exemple, de la couture, du raccommodage de vêtements, de la réparation de meubles, de la réparation d’ustensiles électriques, ou du commerce.

En revanche, les travaux qui n’occupent pas l’esprit longtemps, comme le fait d’allumer ou d’éteindre, de nouer ou de dénouer, de voyager pour un motif réel, sont autorisés, car ils ne détournent pas l’esprit du deuil.

Ecrire est, en général, un travail interdit, car cela détourne l’esprit ; mais il est permis de recopier des propos qui concernent la thématique du 9 av.

Vendre des produits alimentaires est chose permise, afin que les gens aient de la nourriture au repas qui suivra le jeûne. De même, il est permis, depuis le midi solaire, de préparer le repas de fin de jeûne.

Certaines femmes ont coutume de faire l’effort, après le midi solaire, de laver la maison, de nettoyer et de ranger, dans l’attente du Messie, qui naît le 9 av. Il n’y a pas lieu de protester contre cette coutume (Birké Yossef 559, 7).

Il est permis à un Juif de donner pour instruction à un non-Juif de faire, pour lui, un travail le 9 av. Toutefois, les travaux qui s’exécutent en public, comme la construction d’une maison ou le commerce dans un magasin, sont interdits, car cela paraît être une déconsidération du deuil public (Michna Beroura 554, 46).

Il est permis d’accomplir, le 9 av, un travail dont l’ajournement entraînerait une perte significative, de la même façon qu’à ‘Hol hamo’ed (Choul’han ‘Aroukh 554, 23)[18].


[18]. Il ressort du Choul’han ‘Aroukh que l’interdit coutumier du travail s’étend à toute la journée du 9 av. Selon le Torat Hamo’adim 8, 24, tel est l’usage séfarade. Mais il ne ressort pas du Kaf Ha’haïm 554, 97 qu’il y ait là une coutume contraignante. Ci-dessus, nous n’avons pas voulu entrer dans ce débat car, de toute façon, il convient de ne pas travailler non plus l’après-midi.

La distinction des travaux en fonction de l’application continue de l’esprit dans le temps est exposée par le Teroumat Hadéchen et le Rama 554, 22 ; elle se fonde sur le fait que, lorsqu’un travail requiert une application continue, l’esprit s’écarte du deuil. C’est ce critère qui doit dicter la règle, pour toute question posée.

Les A’haronim sont partagés quant au fait de savoir s’il est permis d’écrire, comme l’expliquent le Béour Halakha ד »ה על et le Kaf Ha’haïm 110. Nous nous sommes prononcé conformément au fondement de la halakha : tout dépend de savoir si l’esprit s’écarte du deuil. Quand il est à craindre que l’on n’oublie une idée de Torah originale (‘hidouch), on peut l’écrire, au titre de la conservation d’une chose qui risque de se perdre (davar haaved).

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