11. Se dire bonjour (chalom)

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De même qu’il est interdit aux endeuillés de se dire bonjour (« chalom », Choul’han ‘Aroukh, Yoré Dé’a 385), on ne se salue pas de cette manière le 9 av (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 554, 20). De même qu’un endeuillé, qui a perdu l’un de ses proches, n’est pas en paix (chalom), de même, le 9 av, nous ne sommes pas en paix mais en deuil, en raison de la destruction de notre Temple.

On doit être particulièrement attentif à cela entre étudiants de Torah, qui savent la halakha. Cependant, quand une personne qui ne connaît pas la halakha nous adresse son bonjour, on lui répond à voix basse, la mine grave, comme quelqu’un qui est préoccupé par la pensée du deuil et de la peine, mais sans l’ombre d’une vexation. Si celui qui nous adresse son bonjour est une personne qui désire apprendre la Torah, et qu’il n’est pas à craindre qu’il se froisse, on lui explique qu’on ne se salue pas à tich’a bé-av.

Selon la majorité des décisionnaires, il est non seulement interdit de se dire chalom, mais aussi boqer tov (« bonne matinée »)  ou ‘erev tov (« bonsoir ») (Michna Beroura 554, 41, Kaf Ha’haïm 90). Selon certains décisionnaires, cependant, seul le fait de dire chalom est interdit, tandis qu’il est permis de dire boqer tov ou d’autres formules de ce genre (Léqet Yocher). Nous l’avons dit, en cas de nécessité, pour ne pas vexer son prochain, il est permis de répondre chalom ; or, puisque certains auteurs pensent qu’il n’est pas interdit de dire boqer tov ou ‘erev tov, il est préférable, au cas où l’on doit répondre au chalom de son prochain, d’utiliser l’une de ces formules plutôt que de répondre chalom[15].

Si l’on rencontre une connaissance qui vient de se marier, ou d’avoir un enfant, on est autorisé à lui adresser son mazal tov (« bonne chance ») ; en effet, bénir autrui n’est pas interdit comme l’est le fait de le saluer (Pisqé Techouvot 554, 19). Même le fait de se serrer la main n’est pas compris dans l’interdit de se saluer (Har Tsvi, Yoré Dé’a 290).

De même que l’on n’adresse pas son chalom à autrui, on n’envoie pas de cadeaux, le 9 av (Michna Beroura 554, 41). En revanche, faire un don au titre de la bienfaisance (tsédaqa) n’est pas considéré comme un cadeau ; aussi est-il permis – c’est même une mitsva – d’envoyer de la nourriture aux nécessiteux, afin qu’ils aient de quoi manger à l’issue du jeûne (cf. Kaf Ha’haïm 554, 91).


[15]. Tossefta Ta’anit 3, 11 : « On n’adresse pas son chalom à ses camarades (‘haverim), le 9 av ; à un profane (hediot), on répond à voix basse. » Certains comprennent de ce passage que l’interdit ne s’applique qu’à l’égard des disciples des sages (talmidé ‘hakhamim), car à eux s’applique l’appellation « camarades », ‘haverim. C’est ce que laisse entendre Maïmonide, tel que le comprend le Baït ‘Hadach. Toutefois, le Mordekhi sur Mo’ed Qatan 895, reproduit une autre version de cette tossefta : « On n’adresse pas son chalom à son prochain (‘havero) ». C’est en ce second sens que tranche le Choul’han ‘Aroukh 554, 20, pour qui l’on ne se dit pas chalom les uns aux autres, le 9 av. Quant à celui qui ignore la règle, on lui répond à voix basse. C’est aussi ce qu’écrivent presque tous les A’haronim. Quoi qu’il en soit, comme nous le voyons ci-dessus, il n’y a pas lieu de reprendre le profane, puisque, selon certains auteurs, l’interdit d’adresser son bonjour ne s’applique pas à son égard. Cf. Hilkhot ‘Hag Be’hag 7, note 72, Torat Hamo’adim 8, 22.

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