02. Principes du jeûne

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Il existe trois différences halakhiques entre le jeûne du 9 av et les jeûnes courts :

  • Le jeûne du 9 av se prolonge une journée entière, du coucher du soleil à la tombée de la nuit du lendemain ; tandis que les autres jeûnes n’ont cours que de jour, de l’aube à la tombée de la nuit.
  • Pendant le jeûne du 9 av, on s’impose l’ensemble des cinq mortifications que sont : a) l’interdit de manger et de boire ; b) l’interdit de se laver ; c) celui de s’oindre ; d) celui de porter des chaussures de cuir ; e) l’interdit des rapports conjugaux. Pendant les jeûnes courts, en revanche, seul le fait de manger et de boire est interdit.
  • Seuls les malades sont dispensés du jeûne du 9 av, tandis que, pour les jeûnes courts, les femmes enceintes et celles qui allaitent le sont aussi.

En règle générale, le jeûne du 9 av est semblable à celui de Kipour : tout ce que les sages ont prescrit quant au 9 av, c’est à l’exemple de ce que la Torah nous ordonne à Kipour qu’ils l’ont prescrit. À ce titre, figure l’obligation de s’imposer les cinq mortifications citées ci-dessus. Toutefois, puisque le jeûne du 9 av est d’institution rabbinique, ses règles sont plus indulgentes que celles de Kipour, principalement à deux égards :

  • Les sages n’ont pas imposé aux malades de jeûner le 9 av, tandis qu’ils y sont obligés à Kipour : ce n’est que dans le cas où le jeûne risque de mettre en danger la vie du malade que celui-ci est dispensé de jeûner à Kipour.
  • En tout cas de doute, il y a lieu d’être rigoureux à Kipour, tandis qu’on peut être indulgent le 9 av. Telle est en effet la règle : en tout cas de doute portant sur une norme toranique, il y a lieu d’être rigoureux, tandis qu’en cas de doute portant sur une norme rabbinique, la halakha est conforme à la position indulgente.

Cependant, à un égard, le jeûne du 9 av est plus rigoureux que celui de Kipour : le 9 av, il y a également une obligation de deuil ; aussi, on s’assied sur le sol, on ne se salue pas l’un l’autre, on crée de la pénombre durant la nuit, et il est interdit d’étudier un sujet de Torah qui soit réjouissant. Le jour de Kipour, en revanche, on a seulement l’obligation de se mortifier, mais, en dehors des cinq mortifications susmentionnées, ce jour est considéré comme jour de fête, et l’on revêt de beaux vêtements, on s’assoit sur des sièges, on chante, on se salue l’un l’autre, et bien sûr on se livre sans limite à l’étude de la Torah. (Sans qu’il y ait là de lien avec quelque mortification, il est aussi interdit, à Kipour, d’accomplir des travaux, conformément à toutes les lois de Chabbat.)

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