22. Mitsva de consommer la matsa

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Mitsva de consommer la matsa et le maror

C’est une mitsva de la Torah que de manger, le soir du 15 nissan, du pain azyme (matsa, plur. matsot), comme il est dit : « Le soir, vous mangerez des matsot » (Ex 12, 18). Cette matsa doit être surveillée (chemoura), comme il est dit : « Vous garderez les matsot » (Ex 12, 17). Certains ajoutent à leur pratique un supplément de perfection en utilisant, pour accomplir la mitsva, des matsot faites à la main – en vue de la mitsva (cf. ci-dessus, chap. 12 § 4).

Si l’on mange de la matsa volée, on ne saurait s’acquitter de son obligation (Choul’han ‘Aroukh 454, 4). Aussi est-il préférable de payer ses matsot avant Pessa’h, ou, au moins, de convenir explicitement avec le vendeur que celui-ci transmet la propriété des matsot à l’acheteur, bien que celui-ci ne les ait pas encore payées. En effet, si le vendeur n’est pas d’accord pour les lui vendre à crédit, l’acheteur ne peut s’acquitter, par ces matsot, de son obligation (Michna Beroura 454, 15)[19].

Dès lors que l’on a mangé le volume d’un kazaït de matsa chemoura, on a accompli la mitsva au sens toranique du terme, car toutes les portions alimentaires dont il est question dans la Torah sont d’un volume d’un kazaït.

Suivant l’exigence des sages (‘Hakhamim), on ajoute à cela la consommation de trois autres kazaït de matsa. Lors de la première consommation de matsa, qui suit les bénédictions Hamotsi (« qui fais sortir le pain de la terre ») et ‘Al akhilat matsa (« qui nous as ordonné de manger la matsa »), on mange, a priori, la mesure de deux kazaït : un kazaït provenant de la matsa du dessus, au titre de la bénédiction Hamotsi, un autre provenant de la matsa médiane, la matsa rompue, au titre de la bénédiction ‘Al akhilat matsa. Après cela, on mange de nouveau un kazaït au titre du korekh, avec des herbes amères (maror). À la fin du repas, on mange un kazaït supplémentaire au titre de l’afikoman (certains disent qu’il est bon de manger, pour l’afikoman, la mesure de deux kazaït).

Avant d’expliquer en détail ce qu’est la mesure de kazaït, indiquons la règle pratique : il est admis que la mesure d’un kazaït correspond au tiers d’une matsa faite à la machine, ou, si l’on prend de la matsa faite main, à une quantité équivalente à ce que serait le tiers d’une matsa faite à la machine. Donc, tout de suite après les bénédictions Hamotsi et ‘Al akhilat matsa, on mangera l’équivalent de deux tiers de matsa faite à la machine. Pour le korekh, on mangera l’équivalent d’un tiers de matsa faite à la machine ; de même, pour l’afikoman, on mangera l’équivalent d’un tiers de matsa faite à la machine (si l’on veut ajouter un supplément de perfection en mangeant deux kazaït au titre de l’afikoman, on pourra se contenter à cette fin de manger l’équivalent d’une demi-matsa faite à la machine).

On mange son kazaït de matsa de manière continue ; si l’on s’interrompait, au point que la consommation du kazaït excéderait la mesure temporelle dite d’akhilat pras, on ne serait pas quitte. Dans la suite, nous verrons exactement ce qu’est la mesure d’akhilat pras. Pour le moment, signalons seulement que, dès lors que l’on mange sa matsa de manière continue, on accomplit évidemment la mitsva, et il n’est pas nécessaire de surveiller sa montre pour cela. Ce n’est en effet que si l’on s’est interrompu plusieurs minutes, au milieu de sa consommation, que la durée de celle-ci a possiblement excédé la mesure d’akhilat pras.


[19]. Certains chefs de famille poussent l’embellissement de la mitsva jusqu’à faire formellement acquérir leurs matsot à leurs invités, ainsi qu’aux membres majeurs de leur propre famille, afin que les matsot soient à eux. Quoi qu’il en soit, en pratique, tant que l’on mange la matsa avec l’accord du maître de céans, on est quitte, même si l’on n’a pas fait d’acte formel d’acquisition (qinyan) ; cela n’est pas nécessaire car, même avec une matsa empruntée, on peut s’acquitter de son obligation, comme l’explique le Michna Beroura 454, 15.

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