35. Récitation du Hallel, du Hallel hagadol et de Nichmat

À la suite du Birkat hamazon (actions de grâce qui suivent le repas), on boit la troisième coupe, après quoi on verse la quatrième, afin de dire, en sa présence, le Hallel[w], puis le Hallel hagadol (« grand Hallel »).

Avant même de commencer le Hallel, on dit les versets commençant par Chefokh ‘hamatekha el hagoyim acher lo yéda’oukha… (« Déverse ta colère sur les peuples qui ne te reconnaissent pas… »). Certains ont coutume, à ce moment, d’ouvrir la porte d’entrée, afin de manifester le fait que Dieu protège cette nuit contre toute influence spirituelle néfaste, et que nous n’avons pas peur de nos ennemis ; par le mérite de cette foi, le Messie viendra, qui déversera sa fureur sur les méchants, ennemis d’Israël (Rama 480, 1). Certains ont coutume de se lever pour la récitation de Chefokh ‘hamatekha (‘Aroukh Hachoul’han ad loc., et tel était l’usage du Rav Kook). Après avoir dit Chefokh ‘hamatekha, on ferme la porte.

Après Chefokh, on récite la seconde moitié du Hallel (cf. § 20). Certains versets de ce morceau doivent se réciter à la façon d’un chant responsorial : le chef de famille chante d’abord le verset, qui est ensuite repris par les autres convives. Voici ces versets : Hodou l’A-donaï ki tov, ki lé’olam ‘hasdo (« Louez l’Eternel, car Il est bon, car sa grâce est éternelle ») ; Yomar na Israël… (« Qu’ainsi dise Israël… ») ; Yomrou na beit Aharon… (« Qu’ainsi dise la maison d’Aaron… ») ; Yomrou na yiré A-donaï… (« Qu’ainsi disent ceux qui craignent l’Eternel… ») ; et Anna A-donaï hochi’a na, anna A-donaï hatsli’ha na (« De grâce, Eternel, délivre-nous, de grâce, Eternel, accorde-nous la réussite »). C’est une mitsva, a priori, qu’il y ait au séder trois adultes, afin de dire ainsi ces versets (Rama 479, 1)[x]. Toutefois, une personne isolée elle-même, quand elle récite seule le Hallel, accomplit la mitsva du Hallel. Si l’on n’est que deux, on récitera ensemble les versets (Michna Beroura 479, 10-11).

Après cela, on récite le Hallel hagadol (« grand Hallel »), c’est-à-dire le psaume 136 ; puis on dit l’hymne Nichmat, qui s’achève par la bénédiction du cantique (Birkat hachir). Il y a différentes versions de la bénédiction : les Séfarades disent la bénédiction Yehaleloukha, qui conclut habituellement le Hallel, tandis que les Ashkénazes disent la bénédiction Yichtaba’h, conclusion habituelle des Pessouqé dezimra. Après cela, on continue de dire différents poèmes (piyoutim), écrits à l’époque des Richonim. (Voir § 31, où l’on voit qu’il est bon d’achever la bénédiction avant le milieu de la nuit).

Suivant l’usage majoritaire, la quatrième coupe se boit tout de suite après la bénédiction du cantique, laquelle conclut le séder, tel que les sages l’instituèrent à l’époque de la Michna, tandis que les poèmes qu’on lit ensuite sont seulement une coutume. Toutefois, certains ont l’usage de boire la quatrième coupe après quelques poèmes supplémentaires, afin que ceux-ci soient également récités en présence de la coupe de vin, et qu’ils soient eux aussi inclus dans l’ordonnancement de la Haggada (cf. Michna Beroura 480, 6). Chaque famille poursuivra selon ses usages.

Selon la coutume séfarade, on ne récite pas la bénédiction Boré peri haguéfen (« qui crées le fruit de la vigne ») avant de boire la quatrième coupe ; suivant la coutume ashkénaze, on la récite (comme nous l’expliquons ci-dessus, § 21). Après avoir bu cette coupe, on récite la bénédiction finale, ‘Al haguéfen.


[w]. On parle ici de la seconde moitié du Hallel, la première ayant été récitée avant le repas (cf. ci-dessus, § 20).

[x]. De façon que l’un récite chaque verset et que les deux autres le répètent.

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