30. Quel malade est dispensé de manger la matsa et le maror

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Si l’on ne peut manger, d’aucune façon, la mesure d’un kazaït (tiers d’une matsa faite à la machine), on s’efforcera de manger au moins un morceau de matsa de la taille d’une olive de notre temps, car certains auteurs pensent que telle est bien la mesure d’un kazaït. Mais on ne dira pas la bénédiction ‘Al akhilat matsa, car, de l’avis de nombreux décisionnaires, on ne se rend pas quitte, par une si petite quantité, de la mitsva de consommer la matsa. Si l’on ne peut même pas manger le volume d’une olive de notre temps, il reste cependant préférable de manger un peu de matsa, suivant ses possibilités[27].

Quand une personne sait que la consommation de la matsa la rendra malade, l’obligeant à s’aliter, ou accroîtra sa maladie, sans pour autant mettre en danger sa vie, les décisionnaires sont partagés. Selon Rabbi Chelomo de Vilna (Binyan Chelomo 47), dans un tel cas, on est dispensé de manger de la matsa à Pessa’h. Selon le Maharam Shik (Ora’h ‘Haïm 260), ce n’est que dans le cas où il y a danger pour la vie que le malade est dispensé de la mitsva des azymes. On a coutume de s’en tenir à l’avis indulgent. (En matière de maror, et de vin pour les quatre coupes, qui sont des mitsvot rabbiniques, celui qui sait que leur consommation aura pour effet de l’aliter est dispensé, est-il admis, de les consommer, comme on a pu le voir ci-dessus, § 7.)

D’après cela, la majorité des personnes atteintes de la maladie cœliaque ont l’obligation de manger un kazaït de matsa, le soir du séder, car la consommation d’un kazaït de matsa n’est pas de nature à leur causer de maladies ; et même si cela leur cause une certaine souffrance, cela n’est pas considéré comme une maladie. Mais les personnes sévèrement atteintes de la maladie cœliaque, qui savent que la consommation de la matsa risque de leur causer de dures réactions, sont dispensées de la mitsva de manger la matsa. De nos jours, il existe des matsot d’avoine, qui sont meilleures pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque[28].


[27]. Des écrits de nombreux Guéonim et Richonim, il ressort qu’un kazaït est, littéralement, comparable au volume de l’olive commune de notre temps, c’est-à-dire environ 7,5 cm³. Selon des témoignages, tel était l’avis, en pratique, de Rabbi ‘Haïm de Volozhin et du Avné Nézer. (Cf. Pniné Halakha, Bénédictions 10 § 5, note 6, Har’havot ad loc.). Mais en pratique, la directive couramment exprimée est d’être rigoureux, et de tenir compte de l’opinion de Tossephot, selon laquelle un kazaït est d’un volume semblable à la moitié d’un œuf, comme nous l’indiquions en note 20.

Quand on ne peut manger de kazaït suivant aucun avis, il est néanmoins préférable de goûter à la matsa, comme l’écrivent le Ma’haziq Berakha 475 et le ‘Aroukh Hachoul’han 477, 3 ; le Michna Beroura 473, 43 s’exprime dans le même sens en matière de maror.

[28]. Sur la délimitation des cas où un malade est dispensé, voir Miqraé Qodech du Rav Frank, vol. II 32, qui mentionne les deux avis ; ‘Hazon ‘Ovadia I 33 et Tsits Eliézer XIV 27, qui sont indulgents. Le Miqraé Qodech du Rav Harari, 7, note 110, va dans le même sens, au nom du Rav Mordekhaï Elyahou.

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